Caniveaux à ciel ouvert, ordures ou herbes envahissant ces derniers, pollution de la lagune…le visage qu’offrent les caniveaux d’Abidjan est triste et inquiétant.
A Abidjan (comme partout ailleurs), pour évacuer les eaux (usées et de ruissellement), les caniveaux sont mis à rude contribution. Il en existe plusieurs types: on note principalement les caniveaux à ciel ouvert et les caniveaux souterrains.
Les caniveaux souterrains sont un peu rares car dit-on: « ils ne tardent pas à se boucher » du fait (malheureusement) de la présence massive des ordures dans ceux-ci. Quand cette situation survient, les eaux, n’arrivant plus à circuler normalement dans ces égouts, prennent d’assaut la voirie. Les regards s’ouvrent de force et les excréments humains circulent à même le macadam avec leur lot de puanteur. Cette circulation des eaux sur la voirie dégrade fortement les routes.
Quant aux caniveaux à ciel ouvert, ils sont perceptibles, sans grand effort, dans toute la ville d’Abidjan. Tous les quartiers en comptent. Certains sont plus profonds et plus larges que d’autres. Ces caniveaux, quand ils ne sont pas envahis par les herbes, deviennent (malheureusement) des décharges. On observe les ordures ménagères qui freinent quelque peu la bonne évacuation des eaux dans ceux-ci. Ces eaux stagnent dans les canaux d’évacuation et sont de couleur verdâtre ou noirâtre à certains endroits.
Ces caniveaux sont de véritables usines de production de moustiques. Quand on sait que les populations vivent aux alentours de ces derniers, il y a de quoi être inquiet. En effet, les risques d’intoxication et de maladies (paludisme, irritations corporelles …) ne manquent pas.
Pis, les eaux qui circulent dans les caniveaux emportent quelquefois des enfants. A la moindre pluie. Et ce du fait de la profondeur et de la largeur assez considérables de ces fossés. Nombreux sont les enfants (imprudents) qui ne peuvent résister à la pression et à la force des eaux; ils se retrouvent pris au piège et à moins de l’intervention de personnes plus âgées (pour les secourir), ce sont malheureusement des vies humaines que l’on déplore. Cette situation tragique se vit souvent au « pont vagabond » et au quartier « Maroc » de Yopougon.
Certains caniveaux ornant les routes, peu profonds et moins larges, font que les eaux sortent souvent de leur lie quand il pleut fortement. Ne pouvant plus être évacuées normalement, ces eaux inondent la voirie: les usagers de la route vivent un véritable calvaire tout le temps que mettra cette situation inconfortable.
C’est le cas par exemple au carrefour de l’Indénié: les collecteurs, recevant les eaux des caniveaux en provenance d’Adjamé, de Cocody…(souvent envahis par du sable), devient peu profonds à ce niveau. A la moindre pluie, l’accumulation des eaux, combinée aux effets d’ une étude pédologique préalable à la construction de ce carrefour quelque déficiente, transforme cet espace en une véritable boue dans laquelle pataugent les automobilistes.
Bien plus, les caniveaux qui traversent les communes d’Abidjan déversent quasiment tout leur contenu dans la lagune Ebrié sans que celle-ci ait droit à un entretien conséquent: elle s’en trouve donc polluée. Et pourtant, les ressources halieutiques de cette dernière se retrouvent presque tous les jours dans « les assiettes des Ivoiriens ». C’est dire que l’assainissement à Abidjan est préoccupant et se pose avec une acuité particulière, des vies étant en jeu.
L’espoir de tous réside aujourd’hui dans une « politique environnementale d’urgence » claire visant «l’implication et l’action de tous: autorités politiques, structures sous tutelle et populations ». C’est à cette condition qu’Abidjan retrouvera « sa santé » et que la population se sentira mieux.
Evrard Aka
* Publié la première fois le : 19 mars 2010 à 11 h 35 min









