Amy et Elysée. Elles sont voisines depuis quelques mois. Etudiantes –Amy étudie l’allemand et Elysée, la communication – elles exercent de petites activités extra-académiques qui leur permettent de ne pas trop attendre des parents. Parmi ces activités, il y a la vente du lait.
Photo Camille Millerand – Texte Donatien Kangah
C’est toute une industrie ! Dans la mesure où la fabrication est de leur propre chef. Elles y consacrent toute une journée par semaine, le temps d’écouler la production. Pour 2 kilos de lait, le bénéfice varie entre 70 et 75%, à raison de 100 FCFA le sachet ou 500 FCFA la bouteille. « Avec ça, on n’a pas besoin d’attendre, les parents », confie Elysée.
Jour de fabrication
Ce mercredi, elles nous ouvrent leur « usine de fabrication ».
Déjà à 8h, les deux complices s’attèlent à réunir tout l’arsenal : les ingrédients (lait, sucre, vanille, yaourt, etc.), le matériel aussi (seau, fouet, verre, bassine). La fabrication comprend deux étapes dont la préparation et la mise en sachet et en bouteille. La mise en sachet a lieu huit heures après la préparation, le temps de la fermentation du lait. « Pour qu’il soit plus compacte », précise Amy.
Pour la préparation, on fait bouillir de l’eau. Puis Amy y renverse le lait en poudre pendant qu’Elysée bat le fouet. Deux kilos de lait ont été prévu ; un et demi pour le lait caillé et l’autre demi pour le dêguê au couscous (boisson faite de lait et de farine de mil). Elle rajoute le pot de yaourt, le contenu d’une boîte de lait non sucré et c’est fait. Quelques battements encore…et c’est la fin de la première phase. Le lait est soigneusement fermé et conservé à l’écart. Il faudra donc attendre huit heures pour la mise en sachet.
Hormis cette activité, Amy et Elysée vendent d’autres choses. Des produits cosmétiques pour Amy et des vêtements de femmes pour Elysée. Leur méthode, le porte-à-porte. Cela leur permet de maîtriser leur emploi du temps. Car entre les cours et ces petits business, il leur faut beaucoup de lucidité pour tenir; ce qu’elles réussissent à gérer tant bien que mal. « Je livre la plupart du temps à crédit, puis je repasse encaisser une à deux semaines après », explique Amy. « Comme ça, j’arrive à gérer mes autres activités », ajoute-t-elle. Elysée, aussi, procède de la même façon. Pour le lait, par contre, on emploie d’autres moyens. En plus du porte-à-porte, elles ont réussi à négocier un espace avec une commerçante. « Nous lui déposons la glacière qu’elle se charge d’écouler en plus de son commerce…et gratuitement ! Nous avons aussi fait des affiches que nous avons placardé un peu partout dans la cité », détaille Elysée.
Nous retournons dans « l’usine », dans l’après midi. Le couscous est en train d’être cuit à la vapeur. Nos deux étudiantes ont, par ailleurs, commencé à disposer les choses. Tabouret, bassine d’eau, sachet, bouteille en plastique etc. Tout est fin prêt.
16h40 pile ! On sort le lait de sa réserve. Elysée est toute heureuse de voir que le lait a « réussi ». Tout en étirant à l’aide du fouet une portion du liquide, elle nous montre le résultat de la fermentation. On rajoute du sucre et la dernière phase peut commencer.
Pour la mise en sachet, la propreté est de rigueur. « Tout doit être méticuleusement soigné. Le lait est tellement délicat qu’une petite négligence suffit pour provoquer des indigestions au consommateur », commente Amy. Ainsi, elles prennent le soin de tout désinfecter. A l’aide de petit récipient, elles font de petits sachets d’environ 0,20 cl. Les bouteilles valent la moitié du litre. Pour le dêguê, il faut d’abord mélanger le couscous au lait avant de procéder à la mise en sachet. Une opération qu’elles effectuent avec habileté. « Je l’ai appris avec une tante », révèle Amy, qui en réalité, ne fait qu’aider sa « sœur ». Une fois terminée, les sachets et les différentes sont conservés au réfrigérateur attendant les premiers clients qui d’ailleurs ne se font pas prier.










courage les filles
rires… elles sont formidables. J’apprécie vraiment ce qu’elles font.
Merci à toi Donatien Kangah