GRAND-BASSAM : On l’appelle Commandant ZIGUEI

Président des DJ de Grand Bassam

Il veut se rendre incontournable et il se donne les moyens et de la volonté pour y arriver.

Il veut se rendre incontournable et il se donne les moyens et de la volonté pour y arriver. « Thierryzo champion », « ziguei choco », « Zapata », « Zo »…Les pseudonymes sont nombreux pour ce trentenaire adepte du taekwondo qui a fini par faire l’unanimité des jeunes de la commune de Grand-Bassam autour de sa personne.

Ce natif de l’ouest de la Côte d’Ivoire a tout fait à Grand-Bassam. Ses études primaires, secondaires et ses…. aventures. La première capitale de la Côte d’Ivoire indépendante lui a donné les armes pour être ce qu’il a pu devenir aujourd’hui.

 Très tôt dans la rue…..

Comme la plupart de ses amis du quartier France de Grand-Bassam (site en liste pour son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO), Thierryzo a très vite pris son destin en main.

Guide touristique, vendeur d’attieké poisson grillé communément appelé « garba » à ses débuts, il a fini par se mettre au service d’un grand hôtelier du flanc lagunaire de Grand-Bassam en qualité de serveur. Cette activité dont il parle avec beaucoup de fierté a donné véritablement un sens à sa vie.

Elle lui a permis d’avoir de l’argent quotidiennement grâce aux nombreux pourboires des clients mais surtout, a confirmé sa conviction qui comme quoi, dans la vie, il faut se battre pour réussir. Le jeune serveur n’oublie pas ses amis avec lesquels ils arpentent les rues de Grand-Bassam, une fois la nuit tombée.

Frimeur, il faut pouvoir se faire respecter et le seul moyen c’est d’être également bon bagarreur dans une cité où les muscles sont toujours nécessaires. Son amour pour les arts martiaux lui donne cet atout de rivaliser avec quiconque dans la rue et se faire respecter.

C’est l’époque de « la belle vie » avec ses potes. Ils multiplient les frasques mais sont malgré tout adulés par les jeunes filles qui adorent être en compagnie de cette génération battante qui s’offre tout grâce à la « tchatche » mais aussi aux….muscles.

 Un amour pour les platines

 Mais avant tout, Thierryzo aime la musique et il entend se faire entendre également dans ce domaine. Il participe ainsi à la création de l’association nationale des disc-jockeys de Côte d’Ivoire dont il devient le Président de la section du Sud-Comoé.  Un Président de DJ doit pouvoir avoir une base et un repère, alors c’est le début de l’ouverture de plusieurs maquis qui ont fait sa notoriété.

« L’ouverture de ces maquis a beaucoup permis de m’affirmer ».

Et oui, tous les jeunes de Grand-Bassam sont unanimes à reconnaître que Thierryzo dans un maquis, « ça marche toujours ». Ce, à cause de sa hargne de gagneur mais également à cause de sa disponibilité et de ses aptitudes de manageurs innés. Ces maquis lui permettent ainsi de se faire un nom à Grand-Bassam mais surtout de consolider sa « puissance » au sein de l’association nationale des disc-jockeys de Côte d’Ivoire.

Depuis Grand-Bassam, il réussi à faire « tomber » des Présidents de sections de DJ dans des quartiers d’Abidjan. L’organisation de la réélection du Président national des DJ, Luciano DJ est également à mettre à son actif.

« Il nous fait toujours vibrer », affirme Ami Bamba, jeune tenancière d’un magasin de prêt à porter à Grand-Bassam parlant de Thierryzo.

Pour cette jeune fille, la première capitale a toujours été au fait des nouvelles sonorités d’Abidjan grâce à Thierryzo qui s’emploie à faire partager ces « nouveautés » avec les mélomanes de la cité balnéaire.

Ouvert à tous et faiseurs d’artistes

Thierryzo est DJ, donc adepte du mouvement coupé décalé, c’est donc à juste titre que le restaurant qu’il dirige « championnat Beach » sur la route d’Azuretti après le cimetière municipal de Grand-Bassam ne désemplit jamais les week-ends. Les artistes dont lui-même à forger les premiers pas comme Dj Léo, Max DJ etc ne peuvent jamais venir à Grand-Bassam sans y faire un tour.

« C’est le temple de notre kôrô et Président, c’est normal que nous y soyons », disent-ils tous en cœur.

La convivialité qui règne dans cet endroit a fini par convaincre le ghotta musical qui y vient pour saluer Thierryzo, bavarder avec lui mais aussi parler d’avenir musical. C’est ainsi que Jean Marc Guirandou, patron du Cost to Cost, Petit Denis, Billy Billy, Arafat Dj où même Oscar le célèbre motard d’Abidjan lui portent en estime.

Le concept qui « relance » sa carrière musicale

Thierryzo a toujours animé dans les maquis et boîtes de nuit. Mais DJ, il a voulu également s’affirmer sans succès d’abord en duo avec Dj Max le concepteur du « toké des sous » à Port Bouët puis en solo. Mais dans la vie, il faut pouvoir persévérer. Fan du mouvement «Yang system » du groupe ivoirien RAS et conseillé par ses proches dont Jean Marc Guirandou, il décide de ressusciter le mouvement à travers ce tube qui fait des vagues dans les night à Abidjan, « le ziguei choco ».

Une sonorité coupé décalé qui fait l’apologie de la reconversion des ex « gros bras » abidjanais qui selon lui, « ont damé des sciences » pour devenir « ziguei choco ». Il cite donc les noms de plusieurs kids qui ont décidé de « damer des bris mougou » pour devenir des hommes de paix en quête désormais de leur pitance quotidienne.

Cette chanson a donc « réveillé » la carrière de « Zo » qui est devenu « le ziguei choco »« Commandant Ziguei » de la musique ivoirienne. Ces amis Dj comme Kedjevara, n’hésitent d’ailleurs pas aujourd’hui à le présenter comme leur « commandant », prêt à les défendre musicalement mais aussi avec les biceps… n’est-il pas ceinture noire de karaté ?

Alex YEDAGNE

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