Lundi 12 avril 2010. Un calme inhabituel règne à Abidjan. Les rues sont quasiment vides et on entend presqu’aucun klaxon de véhicules : les transporteurs sont en grève.
En effet , le prix du carburant a connu une augmentation et ils estiment ne pas pouvoir supporter cette autre hausse. Les taxis et les mini bus communément appelés gbaka sont au stationnement. Difficile donc de se déplacer. On assiste à de longs fils d’attente dans les arrêts de bus. Ces derniers circulent rarement. Ils craignent d’être cassés. Les chefs de gare hésitent à les mettre en circulation. Le souvenir des casses pendant les marches du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix) est encore récent.
Dans les fils d’attente , c’est la grogne. Certains élèves et étudiants doivent composer ce jour. D’autres doivent rendre des exercices. Ils sont donc « sacrifiés ». Le désespoir est par conséquent au rendez-vous et se lit sur tous les visages. Quant aux travailleurs, ils ont du mal à se rendre au travail.
Toutefois, un élan de solidarité s’observe. Des travailleurs ayant des véhicules personnels embarquent certains de leurs collègues dans le besoin. Ceux des travailleurs dont le service n’est pas assez éloigné de leur domicile se résolvent à s’y rendre à pieds quand ceux qui n’ont aucune alternative retournent à la maison avec certaines autres idées dans la tête.
C’est le cas de cette dame qui ne manque de donner son programme de cette journée avant de quitter la gare : « je vais dormir et vers 16 heures, je vais aller me coiffer ». Cette énième grève des transporteurs bien qu’ayant des conséquences sur les usagers, devrait interpeller les décideurs pour qu’une solution définitive soit trouvée à la question du prix du carburant.
Les populations devraient peut être aussi se peut être entre elles trouver des solutions afin de palier à ce genre de situation. Pourquoi pas le co-voiturage par exemple.
Evrard Aka








