La lagune Ebrié au cœur d’un important trafic lagunaire va-t-elle disparaître sous le poids de la pollution ? C’est ce qui inquiète les habitants de la capitale ivoirienne Abidjan. Chaque jour qui passe augmente la quantité d’ordure ménagère sur les berges de l’étendue d’eau. Les eaux usées de toute la capitale se déversent dans la lagune. Les herbes envahissent de plus en plus la surface de la lagune. A la moindre pluie une odeur nauséabonde envahit les quartiers à proximité. Même les crabes, fossoyeurs traditionnels des fonds marins et lagunaires meurent de façon étrange : nous avons pu observer plusieurs espèces gisants (étouffées certainement).
La pollution est tellement importante à certains endroits qu’il est possible pour un être humain de rester débout sur l’amas d’ordure qui s’entremêle aux herbes sans qu’il ne s’affaisse. Les hérons se baladent sur une flaque gluante à la surface de l’eau. Ils ne sont pas les seuls à vivre de la charogne de plus en plus abondante à la surface de l’eau. Les corbeaux et les vautours survolent la lagune Ebrié à la recherche des cadavres de rongeurs, de poissons et de reptiles biens visibles à la surface de l’eau.
Il faut agir pour sauver cette étendue d’eau ! Les ONG de protection de l’environnement multiplient les actions pour assainir cette lagune mais le combat semble ne pas émouvoir les autorités de tutelles qui passent juste à côté de cette lagune puante les vitres montées pour accueillir leurs illustres invités. Justement, la Côte d’Ivoire reçoit le sommet de la BAD, c’est un bon prétexte pour éradiquer cette plaie avant de déguerpir les habitants des bidonvilles, chasser les jeunes chargeurs du plateau ou casser de petits commerces.
Suy Kahofi











