Ile Boulay:un paradis pour certains, un enfer pour d’autres*

résidence balnéaire de l'île Boulay

crédit-photo : news24.ci

Située dans la lagune Ebrié, dans le sud de la Côte d’Ivoire, à proximité du Port Autonome d’Abidjan et de l’océan atlantique, l’Ile Boulay avec tous ses sites touristiques qu’elle regorge (cimetière des bateaux, baies des milliardaires, l’ile aux serpents) ne fait pas l’unanimité pour tous, notamment pour les autochtones.

Pendant que des personnes se bronzent le teint et que d’autres s’adonnent à une balade lagunaire avec de superbes bateaux de plaisance du côté de la baie des milliardaires, de l’autre côté, la population vit dans la misère.

«A l’Ile Boulay, nous avons une école primaire de six classes avec seulement quatre instituteurs qui se partagent toutes ces classes avec des toitures emportées par le vent et détruites par l’eau de pluie», souligne un habitant de Johnikro un village de l’Ile Boulay.

L’école du village souffre d’un manque de personnel et de moyens techniques. Pareil pour les enseignants qui ne viennent pas régulièrement au cours car la traversée de la lagune en pirogue reste un sérieux problème pour eux.

L’électricité n’existe pas, encore moins l’eau potable. Aucun centre de santé. Le seul construit et équipé par une ONG vient d’être fermé en raison d’un conflit entre la direction régionale de la santé et la gestionnaire dudit centre. Les femmes accouchent parfois dans une pirogue pendant la traversée de la lagune recherchant le centre de santé le plus proche.

Toutes les maisons sont faites de papaux (maison traditionnelle), except celle du chef du village et de quelques notables. La misère est au rendez-vous et les habitants ne se livrent qu’à la pêche, principale activité et à la culture du manioc.

La réalisation des promesses faites par les autorités lors de la pose de la  première pierre du pont (qui doit relier l’île Boulay au village Azito) demeure encore un rêve pour la population.

«Nous ne savons plus avons plus à quels saints nous vouer car l’Etat se prépare à nous délocaliser à cause de l’extension du port autonome d’Abidjan sur notre merveilleuse  île», se plaint une villageoise.

L’espoir pour les populations est que désormais le nouveau site de recasement prévu par les autorités prennent en compte des préoccupations des habitants de l’Ile Boulay.

Jacques Kouao

* Publié la première fois  le : 23 août 2010 à 11 h 30 min

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