Ile Boulay:un paradis pour certains, un enfer pour d’autres

centre de santé du village johnikro à lile boulay

Située dans la lagune ébrié dans le sud de la Côte d’Ivoire à proximité du Port Autonome d’Abidjan et de l’océan atlantique, l’Ile Boulay avec tous ses sites touristiques qu’elle regorge (cimetière des bateaux, baies des milliardaires, l’ile aux serpents pour ne citer que ceux là) ne fait pas l’unanimité de tous, en particulier des autochtones.

Pendant que des personnes se bronzent  le teint et que d’autres s’adonnent à une balade lagunaire avec de superbes bateaux de plaisance du coté de la baie des milliardaires, de l’autre coté, la population vit dans la misère. «A l’Ile Boulay nous avons une école primaire de six classes avec seulement quatre instituteurs qui se partagent toutes ces classes avec des toitures emportées par le vent et détruites par l’eau de pluie». souligne un habitant de Johnikro un village de l’Ile Boulay.

L’école du village souffre d’un manque de personnel et de moyens techniques. Pareil pour les enseignants qui ne viennent pas régulièrement au cours car la traversée de la lagune en pirogue reste un sérieux problème pour eux.

L’électricité n’existe pas, encore moins de l’eau potable. Aucun centre de santé. Le seul construit et équipé par une ONG (Organisation Non Gouvernementale) vient d’être fermé pour un pour problème mettant en conflit  la direction régionale de la santé et la gestionnaire du centre de santé. Les femmes accouchent parfois même dans une pirogue pendant la traversée de la lagune recherchant un centre de santé plus proche.

Toutes les maisons sont faites de papaux (maison traditionnelle) à part celle du chef du village et de quelques notables. La misère est au rendez-vous et les habitants ne se livrent qu’à la pêche, principale activité et à la culture du manioc.

La réalisation des promesses faites par les autorités lors de la pose de la  première pierre du pont (qui doit relier l’ile boulay au village Azito) demeurent encore un rêve pour la population. «Nous ne savons plus avons plus à quels saints nous vouer car l’Etat se prépare à nous délocaliser à cause l’extension du port autonome d’Abidjan sur notre merveilleuse  île», se plaint une villageoise.

L’espoir pour les populations est que désormais le nouveau site de recasement prévu par les autorités prennent en compte des préoccupations des habitants de l’Ile Boulay.

Jacques Kouao, Jacqueville

Crédit photo: www.bouakecheckup.free.fr

Share