Ils ont encore frappé !

La prolifération des armes à feu alimente le phénomène de "coupeur de route" (crédit photo: www.gouv.ci)

Il est 19h45mn sur l’axe Soubré-Gabiadji, ce mercredi 14 mars 2012. Un massa en direction de San-Pedro est stationné sur le bas côté de la route déjà réduite par la végétation environnante luxuriante, à environ 5km à l’entrée de Gabiadji. Très vite, trois autres véhicules de transport du même type et un motocycliste sont obligés de faire une halte obligatoire.

« Que se passe t-il encore ici ? », lance une dame assise au fond du véhicule le souffle coupé.

« Nous sommes stationnés ici depuis maintenant 10mn. Il y a un véhicule à l’arrêt à environ 400m avec des lumières de torches suspectes autour. Pourtant il n’y a pas de corridor à cet endroit que je connais parfaitement », nous apprend le chauffeur du premier véhicule stationné, un peu stressé.

Un véhicule est effectivement stationné un peu loin dans l’obscurité entouré de plusieurs lueurs de torches.

« Ce sont des coupeurs de route, chauffeur faisons vite demi-tour », crie une femme complètement apeurée et bouleversée par les évènements en s’engouffrant dans le véhicule.

La peur et la montée d’adrénaline sont palpables sur le visage de tous les passagers. Certains proposent d’avancer plus près pour voir s’il ne s’agit pas d’un véhicule en panne.

« Pas question, s’il s’agissait d’une panne on verrait probablement les feux de détresses du véhicule au moins ou d’autres types de signalisations », soutiennent d’autres passagers.

Quelle décision prendre ? Avancer vers ce véhicule suspect ou rebrousser chemin ? Plus de 15 min se sont maintenant écoulées depuis notre stationnement. Deux véhicules de transport et plusieurs véhicules personnels ont déjà fait demi-tour.

Enfin ! Les phares du véhicule suspect se mettent en marche. Lentement, celui-ci prend sont départ.

« Il faut attendre un peu encore avant de s’engager », propose le chauffeur avec un sang froid étonnant.

Heureusement, moins de 2 min plus tard, la lumière d’un véhicule venant en sens inverse est aperçue au loin.

« C’est l’occasion ou jamais, si ce véhicule traverse la zone suspecte nous allons foncer dans le tas », annonce le chauffeur.

Tous les passagers regagnent leurs places le cœur serré. Et c’est parti ! Le véhicule venant en sens inverse a traversé sans embûche la zone. Le chauffeur lance à vive allure le moteur de son véhicule.

« Ouf ! On l’a échappé belle !, Voici au loin les lumières du village de Gabiadji », arrive enfin à articuler mon voisin de siège.

Les passagers du véhicule pillé, en station à Gabiadji, sont complètement désorientés. Certains ayant perdu de fortes sommes d’argent. Heureusement aucun  blessé n’a été signalé.

Le reste du voyage jusqu’à San-Pedro est sans embûche, mais le lourd silence qui règne pendant la suite dénote la peur et le recueillement de chacun, priant pour une arrivée rapide à destination.

Jacques KIRIOUA

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