Les découvertes macabres d’enfants dépouillés de certains de leurs organes dans plusieurs villes de la Côte d’Ivoire ne laisse pas indifférents les habitants de Dimbokro. En effet, le phénomène de vol des enfants qui semblait ne plus faire parti de la vie des Ivoiriens fait son retour en force. Les parents ont le sommeil troublé à chaque fois que la Radio annonce la mort d’un enfant. Cette psychose est grande à Dimbokro parce que la mère de l’un des deux petits garçons retrouvés morts à Yopougon est native de la ville.
Pour dame KOUAME mère de famille, les parents doivent redoubler de vigilance pour ne pas perdre un fils ou une fille. «Nos enfants sont tout pour nous. Nous ne pouvons pas donner une éducation de qualité à nos enfants, les nourrir et les blanchir pour que des criminels les égorgent un matin». C’est désormais l’état d’alerte dans les garderies, écoles maternelles et primaires. La présence des parents est exigée pour que les plus petits puissent quitter l’école.
Les cartes d’identification d’enfant sont exigées à toute personne venue chercher un enfant dans une garderie au cas où les parents sont empêchés. On évite désormais de demander aux enfants d’aller à la boutique ou chez le voisin chercher quelque chose car sur le chemin du retour tout peut arriver. Pour Mr Assémien instituteur, il est temps d’inculquer aux enfants des réflexes pour qu’ils puissent se protéger eux même. Les parents ne seront pas toujours avec eux. «A nos élèves nous leur disons de ne jamais accepter de l’argent, des bonbons ou des friandises d’un inconnu. Ils ne doivent pas suivre des personnes qui leur promettent de l’argent ou leur font la proposition de les ramener en voiture».
Certaines personnes analyse de près ce phénomène et font la remarque qu’à l’approche des élections dans le pays, ces mystérieuses disparitions d’enfant resurgissent. «Je vous dis que ce sont les gens qui veulent devenir Maire, Président de je ne sait quoi la qui tue les enfants des gens pour faire sacrifice», affirme un jeune apprenti de mini car. Simple suspicion ou coïncidence ? La question des rapts d’enfants pour des sacrifices humains à l’approche des élections est aussi une hypothèse que bon nombre de personnes refusent d’écarter. «Nous sommes en Afrique vous le savez, ce n’est certes pas une fatalité d’être africain mais entre nous on se connait», lance un cadre de santé avant de poursuivre «certains fétiches peuvent exiger du sang humain ou des organes d’enfants on ne sait jamais !».
Pour Miss Kadi vendeuse à la gare routière de Dimbokro, quelque soit les objectifs qu’on veut atteindre dans la vie rien ne sert de tuer un enfant. Aux parents il est important de souligner qu’en ces moments troubles que traverse le pays il est plus que nécessaire d’être vigilants pour ne pas être victime d’un drame familial.
Suy Kahofi
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