C’est un véritable calvaire que vivent les habitants de Koumassi “grand hôpital” au quotidien. En cause, l’état de dégradation très avancé de la route. Chaque matin, leur châtiment est le même. Et se traduit non seulement par l’état des lieux mais également l’impuissance qu’on ressent face à la situation qui empire jour après jour.
Elle est connue de tous, cette voie de Koumassi (quartier hôpital général). Impraticable et source d’énormes désagréments tant pour les piétons que pour les automobilistes.
Une voie qui est à un niveau de dégradation critique lorsque c’est la saison des pluies. Des mares d’eaux qui élisent domicile dans des colonies de nids de poules. Le bitume ressemble à un champ de bataille.
Un calvaire pour automobilistes, passagers…
Pour les automobilistes (et pour leur véhicule), c’est un calvaire quotidien.
«Cela fait presque trois ans que nous pratiquons cette voie dans cet état. On est habitué maintenant à elle. Quandj’arrive à cet endroit, je préviens mes clients qu’ils devront s’armer d’assez de courage et prier pour que le bouchon avance vite. Parce qu’il existe toujours des embouteillages ici», raconte Victor Kouassi, chauffeur de taxi wôrô wôrô.
Pour les passagers dans les véhicules, c’est encore plus dur. «J’ai toujours mal au dos quand je fais le trajet», se plaint Arman K. Les riverains du quartier ne décolèrent pas aussi. Ils sont constamment perturbés par les bruits de klaxon assourdissants. «Quand on est habitant de ce quartier, c’est sûr qu’on est très inquiet du fait qu’on ne peut pratiquement pas se reposer quand on est fatigué à cause de ces bruits de véhicules. L’état de cette voie occasionne toujours des embouteillages. Et comme tout le monde est impatient, tout le monde klaxonne», affirme, dépité, Justin Libreu, habitant du quartier.
…et malades
Il y a aussi ceux qui paient un lourd tribut à cette dégradation de la voie : les malades qui sont transportés vers l’hôpital général de Koumassi. Pour eux,c’est un parcours du combattant avantd’arriver au centre de santé. Avec très souvent des conséquences tragiques. «On assiste fréquemment à des décès dû au fait que le malade n’arrive pas vite aux urgences. Lorsque nous sommes dans l’ambulance, nous nous retrouvons confrontés à l’embouteillage et au mauvais état de la route sur cette voie. Cela est souvent préjudiciable pour les malades que nous transportons.Les cas les plus fréquents sont ceux des femmes enceintes», témoigne Docteur Armel Silué.
A n’en point douter, il faut agir. A Koumassi, «on dit que cela fait trop longtemps qu’on en parle et que rien n’est fait ». Le seul espoir des riverains:les élections. «On est sûr qu’à ce moment les voies seront refaites parce que les candidats voudront avoir nos voix», espère Jean Charles, avec un brin d’humour. En attendant, le calvaire continue et les souffrances qui vont avec.
Judy-Kael Dahe









