L’incontournable 31 décembre en dépit de la crise

Les chrétiens ont prié pour la paix en Côte d'Ivoire

La nuit du 31 décembre, une nuit que personne ne veut se faire raconter, une nuit qu’on prépare en 365 jours, une nuit où tout le monde fait la fête ! Le réveillon de la saint sylvestre a été chaud comme d’habitude à Abidjan. Les ivoiriens ont oublié les soucis quotidiens pour penser seulement à la nouvelle année.

Très tôt le matin, les ménagères ont pris d’assaut les marchés pour négocier les condiments et surtout le poulet qui fait office de roi des sauces en cette période. Les prix étaient à la hausse et il fallait débourser entre 3000 et 8000 f CFA pour s’offrir une volaille.

Dans certaines villes du pays, les prix du poulet ont été majorés de 50% ! Explication avec Kaboré Jacques revendeurs.

« Lorsque vous allez chercher le poulet les éleveurs vous disent que le prix de la nourriture pour volaille a augmenté. Il nous propose un poulet à 5000 f cfa et nous sommes obligés d’ajouter 1000 ou 1500 f cfa pour faire un petit bénéfice. Que les clients comprennent donc que cette hausse n’est pas la seule volonté des commerçants ».

Certains consommateurs se sont rabattus sur quelques kilogrammes de viande de bœuf pour faire simple ! Il ne fallait pas traîner sur les marchés surtout pour les femmes qui devaient se faire une beauté.

Les salons de coiffure et autres espaces de beauté ont accueillis du monde jusqu’à minuit voire une heure du matin. Il y avait affluence et les esthéticiennes ne manquent pas de le souligner.

« Nous avons reçu du monde et les femmes sont surtout venues pour les poses de tissage, des retouches et des coiffures au vent. On ne peut pas se plaindre nous avons fait des bénéfices ! », souligne Nasan Ange.

Quelque soit l’Ivoirien, le programme de la soirée semble être le même pour ce 31 décembre : un tour obligatoire à l’église et une virée nocturne. Pour Gbanin Evra on ne peut pas entrer dans une nouvelle année sans dire merci à Dieu.

« Nous avons passé 365 jours sous la protection du Tout-puissant et il est plus qu’important de lui dire merci de nous avoir donné autant de bénédictions et d’avoir protégé nos vies ».

Dans de nombreuses églises, le message fut le même : prier pour le retour de la paix car c’est la mission des chrétiens pour la Côte d’Ivoire. Après le passage à la messe de minuit, les chapelles se sont vidées : les Ivoiriens ont mis le feu à la capitale !

Les maquis, bars et cabarets sont pleins de monde et personne ne boude son plaisir. Ismaël et son compère Koly ont décidé ‘’de couler le Titanic’’ dans un cabaret avec une musique assourdissante. Au menu tournée de liqueur au café et surtout quelques litres de Koutoukou (alcool locale) qu’ils partagent avec des copains.

« Qui va dire que nous n’avons pas fêté ? Champagne, vin de palme, bière…tout conduit vers le daïco (l’ivresse) ! », affirme euphorique Koly.

A la Riviera III (quartier résidentiel dans la commune de Cocody), l’ambiance dans ce restaurant chic est différente. Musique douce est diffusée par un orchestre et des couples sirotent du champagne en discutant de tout et de rien. Le buffet est en libre service et les couples, certainement de la classe moyenne exécutent de temps en temps quelques pas de salsa ou de tango.

« Nous sommes juste là pour deux heures en tête à tête après quoi nous irons chercher les enfants dans un maquis à Yopougon », déclare Mr Sery Pierre qui amoureusement tient la main de sa femme.

Alors que nous prenons congé de notre interlocuteur, les douze coups de minuit sonnent. L’assourdissant bruit des feux d’artifice jettent une certaine inquiétude dans le cœurs d’un passant.

« C’est quoi ça ? Des coups de feu ou des feux d’artifice ? Qu’ils nous disent ce qu’ils font pour que chacun se cherche ! ». « Du calme mon ami », lui répond un vendeur de cigarette en lui indiquant le ciel « nous sommes juste en 2011 ».

Toute la nuit, les vœux ont fusé de toute part avec un même contenu : paix et stabilité pour la Côte d’Ivoire !

Suy Kahofi

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