La « Villa 14 », on y prend de l’air

Si vous faites un tour à la cité universitaire Mermoz de Cocody, vous entendrez parler de la « Villa 14 ». Et si vous demandez à la voir, l’on vous dira d’attendre  la nuit, car comme dans un conte de fée, cette « chambre » atypique n’apparaît que la nuit.

La « Villa 14 », c’est le « petit nom » du terrain de basket-ball de Mermoz. Situé au cœur de la cité, il sert de lieu de distraction pendant la journée. Matchs de football, compétition de gymnastique, tournoi de basket-ball… Parfois même, ce lieu accueille des cérémonies festives. Mais une fois que le soleil se couche, l’endroit se mue en un véritable dortoir.

Le décor arrache parfois le sourire aux noctambules qui découvrent cette « chambre commune ». Un véritable camping. Matelas, nattes, pagnes ou carton. Venus seuls, à deux ou à trois les étudiants se partagent ces couchettes de fortune au clair de lune. Ici, il y a assez de places pour tout le monde. Filles et garçons partagent de véritables moments de bonheur à dormir sous la brise.

Certains ‘‘résidents’’ de la « Villa 14 » justifient l’occupation des lieux par la chaleur qui règne dans leurs chambres. « Je préfère passer la nuit sur le terrain de basket- ball parce qu’il y a du vent contrairement aux chambres où il fait extrêmement chaud », affirme Aristide Konan, l’un des pensionnaires de l’espace. En période de délestage, la lune offre un éclairage naturel.

D’autres encore soutiennent que dormir au clair de lune est nettement plus confortable que le faire dans des chambres jugées trop exigües à cause du nombre d’occupants.

Le phénomène prend de l’ampleur. Ceux qui tentent l’expérience d’une nuit reviennent les soirs prochains. Et par l’effet du bouche-à-oreille, la « Villa 14 » accueille chaque soir en moyenne un nouvel occupant. Certains craignent même que dans quelques mois les places deviennent une denrée rare.

A la merci des intempéries

Quelques fois la pluie surprend les « locataires » de la « Villa 14 » pendant leur sommeil. Et « la chambre » se transforme en un véritable champ de bataille. Chacun cherche la route de son dortoir abandonné à cause de la chaleur.

Les moustiques sont aussi de la partie. De temps à autre, en entend des personnes se frapper le corps ou secouer les couvertures pour faire fuir ces bestioles. Des fois la musique des bars et des églises arrive jusqu’ici. «Tout ceci fait partie de l’ambiance», lance avec le sourire un étudiant.

Judy-Kaêl Dahé

Share