« C’est dur. », « On va faire comment ? », tels sont les propos du vieux ARRONE, cultivateur de légumes dans un des bas-fonds de Yamoussoukro (capitale politique).
Situé entre le tronçon de route menant du centre de santé urbain de Dioulabougou (quartier populaire) au centre commercial Mô Fêtai, le vieux ARRONE cultive de la salade, du chou, des oignons, de la carotte… Il mène cette activité en parfaite harmonie avec sa femme, ses voisins (plus jeunes que lui) et quelques-uns de leurs enfants (occasionnellement).
C’est avec les retombées financières de cette activité qu’il vit, qu’il s’occupe de sa famille et scolarise enfants. Ces devoirs, le vieux ARRONE les remplit difficilement désormais, du fait de la mévente de sa production. Une butte de salade peut s’acheter entre 400f CFA et 1000f CFA par des femmes du marché de Yamoussoukro. Or, dans le temps où le transport n’avait pas encore subi d’augmentation et où des commerçantes venaient spécialement d’Abidjan pour l’achat de ses produits, la même butte s’achetait au bas mot à 2000f CFA.
Les autres légumes n’échappent pas à cette mévente. Dans de telles conditions, le manque à gagner est considérable. Ce qui met le vieux ARRONE dans tous ses états ; son désarroi est énorme. Il est désespéré. S’il avait le choix, il abandonnerait cette culture de légumes : « c’est parce qu’on ne peut pas rester à la maison à ne rien faire».
Chaque jour donc, il s’adonne à sa corvée habituelle ; il se retrouve sur sa parcelle avec les siens et reprend les mêmes gestes : recherche d’eau, arrosage des légumes, nettoyage des mauvaises herbes… espérant avoir juste de quoi survivre avec ses maigres bénéfices.
Evrard Aka








