17/02/2010 / La Redaction

Un bus incendié lors de la manifestation

Le quartier populaire de Trechville est depuis ce mercredi (17 février) matin sous haute surveillance policière. La raison de cet état de siège est un désordre lié à la marche interdite du RHDP qui a tourné au vinaigre. Les rues de ce quartier marchand très animé au quotidien offrent les images d’un film western où le shérif et ses hommes sont à la recherche des despérados. Fusils à pompe, lance grenades, AK 47, mitrailleuse à haute précision et M 16, toute la grosse quincaillerie est déballée pour sécuriser le périmètre. Toutes les unités des Forces d’Intervention Rapide sont mobilisée sur le terrain pour tenté de retrouver les casseurs qui mettent le feu aux bus de la SOTRA.

Ainsi le CECOS, la CRS et la BAE tentent de traquer les fuyards pendant que le GSPM éteint les bus enflammés et protège ceux qui sont endommagés. L’identité des casseurs reste bien mystérieuse ! Pour les sympathisants du RHDP il s’agit de casseurs infiltrés qui voulaient jeter le discrédit sur une marche pacifique. D’autres vont plus loin en indexant le leader des Jeunes Patriotes Charles Blé Goudé qui auraient lâché une meute de casseurs et d’éléments de la FESCI pour que l’on accuse à la fin les militants du RHDP d’être des bandits. Ceux qui ont mis le feu aux bus étaient vêtus de tee-shirt noir, chasseur et blouson treillis, certain avaient le visage badigeonnés au charbon.

Les FDS et la Direction de la SOTRA sur le terrain

Pour ce qui est de la répression les agents des FDS n’y vont pas de main morte : les quelques suspects rattrapés ou fuyards paniqués par le ballet des véhicules militaires vivent en ce moment des instants tristes. Les coups de matraque pleuvent et les cross de fusil s’abattent avec violence sur les présumés casseurs.

Un passant inquiet de la tournure que prennent les évènements se confie à son voisin médusé par la violence des FDS : «ils vont finir par tuer un innocent. Ceux qui ont incendié les bus ont déjà quitté les lieux».

Selon nos informateurs, plusieurs villes l’intérieur du pays sont sous haute tension. Toumodi, Bocanda, Dimbokro pour ne citer que celles-ci sont prises d’assaut par les militants du RHDP décidés de montrer leur mécontentement face à la dissolution du Gouvernement et surtout de la CEI.

Suy Kahofi, envoyé spécial à Treichville