16/06/2018 / Moahet-Sran

Le mercredi 13 juin 2018, à son siège, à Cocody (Abidjan), l’Agence française de développement (AFD) en Côte d’Ivoire a organisé un atelier de formation à l’attention des journalistes et blogueurs. Objectifs de la rencontre : mettre en lumière les différents projets et actions de l’AFD en faveur de l’éducation en Côte d’Ivoire, et faire connaître davantage l’institution.

Concernant l’état actuel de l’éducation et de la formation, Laurent CORTESE – chargé de mission de l’AFD – relève deux (2) grandes contraintes externes du système ivoirien. La première réside dans le financement (richesse nationale) que le gouvernement accorde à l’éducation et les parents à leurs enfants.

Des contraintes liées au système éducatif ivoirien

Laurent CORTESE - chargé de mission AFD Côte d'Ivoire - face à des journalistes ivoiriensL’État consacre des efforts considérables à l’éducation, cependant les résultats de ces investissements montrent que ces moyens sont encore insuffisants, souligne Laurent CORTESE. La question de l’utilisation de ces ressources de façon efficiente s’impose donc. En Côte d’Ivoire, signifie-t-il également, les ménages financent plus l’éducation que dans d’autres pays africains.

La démographie est la seconde contrainte du système éducatif ivoirien. L’augmentation exponentielle de la population entraîne parfois des disparités sociales. Certaines populations, avec de faible taux de revenu, n’arrivent pas à scolariser leurs enfants.

« Les enfants les plus exclus du système éducatif, sont ceux dont les parents sont pauvres », livre Laurent CORTESE.

Pour le chargé de mission de l’AFD : « La probabilité pour qu’une fille en milieu rural termine ses études est de 1%. » À cela s’ajoute la décision du gouvernement en 2015 d’envoyer tous les enfants de 6 à 15 ans à l’école. Ce choix, selon le conférencier, affecte énormément le système éducatif ivoirien.

Des actions de l’AFD en faveur du secteur éducation/formation ivoirien…

Laurent CORTESE - chargé de mission AFD Côte d'Ivoire - et des journalistes ivoiriensL’éducation a des retombées sociales très fortes, assure Laurent CORTESE. Et l’AFD investit dans l’éducation en Côte d’Ivoire. De 2014 à 2015, l’AFD a construit 20 000 nouvelles places dans 116 écoles primaires et maternelles dans le Nord du pays, et 240 collèges qui reçoivent 100.000 élèves par an.

L’AFD a formé 10 000 enseignants et 15 000 directeurs d’école. Au niveau des entreprises, ce sont au total 10 centres de formation dont six (6) sectoriels et quatre (4) polyvalents qui ont été construits ou réhabilités. Concernant l’enseignement supérieur, l’AFD a appuyé 20 projets de recherche et cinq (5) écoles d’ingénieurs, a réhabilité des bâtiments et renforcé la qualité de l’enseignement pour 75.000 étudiants concernés.

Les objectifs de ces actions : améliorer la qualité de la formation de base, réduire fortement l’alphabétisme, apporter un appui à la population marginalisée ainsi qu’aux jeunes filles en milieu scolaire, etc.

… des différentes couches de la société

Bruno LECLERC - directeur AFD Côte d'IvoireBruno LECLERC, directeur de l’AFD en Côte d’Ivoire, a relevé les aides et prêts que l’AFD accorde en appui au gouvernement, aux entreprises publiques et privées, aux populations, aux microfinances, aux institutions, ainsi que leurs impacts.

Au niveau des impacts, les projets accompagnés par l’AFD en 2017 ont rendu possible : la scolarisation de 396 000 filles, l’accès à l’électricité pour 365 000 personnes, l’accès pérenne à l’eau potable pour 822 000 personnes, la protection ou la restauration de 16 millions d’hectares d’espaces naturels. L’AFD a également permis plus d’un (1) milliard d’euro d’investissements en faveur des PME/TPE.

Tous ces projets sont réalisés avec l’aide des partenaires de l’AFD.

Jonas EHOUMAN