C’est assis confortablement dans son salon que nous trouvons El hadj Tidiane Touré. Il nous reçoit avec un sourire courtois et un français impeccable. C’est que ce retraité de 82 ans, originaire de Samatiguila, est très cultivé. Retour sur le parcours d’un homme qui en a beaucoup à apprendre à la jeune génération.
Un parcours riche en expériences et en voyages
A l’origine, « le vieux Touré » a suivi une formation de mécanicien. Il prend par la suite fonction en 1948. Au Burkina Faso, alors haute Côte d’Ivoire. C’est là, au service des mines de Bobo-Dioulasso qu’il fait ses premières armes.
« C’est nous qui avons fait le chemin de fer de bobo à Ouaga. » raconte-t-il. Alors affecté au rôle des traverses en béton, il a fait partie des pionniers de cette technique. En effet « c’était la première fois qu’on faisait les traverses en béton, les précédentes étant faites en métal ».
Il nous parle de cette époque comme si elle datait d’hier. Les termes techniques fusent alors : béton précontraint, armature de métal, relâchement de la contrainte… L’homme est en terrain de connaissance.
Après Bobo (diminutif de Bobo-Dioulasso) il va se rendre au Niger. Là il va travailler pendant 5 ans pour la S.A.T. (Société Africaine de Transport transsaharien). Il va faire le tour du Niger avant de revenir au Mali. A Bamako, la capitale malienne, il sera affecté à l’entretien des moteurs Lance qui faisaient marcher le téléphone sans fil.
« Seulement à cette époque, quand on avait une forte tête, il était difficile d’être maintenu dans un endroit. Je me suis fait donc beaucoup balancé… ».
Ainsi après l’épisode Malien, il va continuer son périple. Vers le Sénégal cette fois. On est en 1955. Il travaille chez TREDO (société de transport créée par les administrateurs coloniaux) comme chargé du matériel. «C’était les premiers taxis compteurs d’Afrique et je m’occupais de l’entretien et de la remise en état du matériel». Et cela pendant 4 ans. De là il s’envole pour la guinée. Cette fois ci pour une dizaine d’années environ. En Guinée, il crée sa propre activité. Un atelier d’entretien général. Jusqu’en 1960 où il rejoint sa patrie.
De retour au pays monsieur Touré va renouer avec le travail. Cette fois il débute à l’IRHO (institut de recherche sur les huiles oléagineux) comme inspecteur des usines de l’Afrique de l’ouest. Jusqu’en 1976 où il démissionne « pour racheter une affaire qui s’appelait la SAMTA (Société des Ateliers de Mécanique et de Tôlerie Automobile». Suite à ce long parcours l’homme va arrêter de travailler comme employé. «Après ça j’ai fait beaucoup de choses» explique-t-il. C’est l’époque de la reconversion.
Une reconversion à l’agriculture
Suite donc à son parcours dans diverses entreprises de la place, Tidiane Touré va se reconvertir dans l’agriculture. Sous ses formes les plus variées.
«J’ai été planteur de palmier à huile (128 hectares pour être précis pour 800 tonnes de production par an), j’ai été aviculteur (après avoir suivi des cours d’agriculture à l’école belge d’aviculture EBA)».
Les chiffres sont tout aussi intéressants : une ferme de 30 000 pondeuses et une autre de poulets de chairs en produisant 12 000 par mois. Bien qu’à la retraite aujourd’hui, la passion pour l’agriculture ne l’a pas quittée «depuis ma retraite j’ai eu un cheptel de 114 bovins» révèle-t-il. En plus de cet élevage, il crée une usine d’aliment de bétail et une autre de fabrication de matériel agricole. Il s’essaie même à la pisciculture aussi bien en lagune qu’en étang (60 000 tilapias en cage).
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*Le terme affectif kôrô signifie en Malinké (langue de la Côte d’Ivoire) ancien, doyen, vieux.









Est-ce que le Korô n’est pas le grand frère ?
ça signifie grand frère aussi, l’aîné
c’est de ce genre d’exemple que la jeunesse a besoin mais pas des coupeur-decaleurs et autres politiciens