Le président de la FIF au banc des accusés: «Je suis responsable, mais pas coupable » !

La président de la FIF répondait aux questions des journalistes

Samedi 27 février 2009. 16h00. C’est  l’heure de vérité. L’émission-bilan de la CAN 2010 – annoncée avec grandes pompes depuis 2 semaines – débute. Au banc des accusés, Jacques Bernard Anouma, Président de la FIF. Les plaignants sont nombreux : en première ligne les journalistes puis le public. Enfin, plus tendres, ceux-là, ce sont  les invités et autres dirigeants – anciens comme actuels – du football ivoirien dont l’ancien ministre des sports René Diby. D’ailleurs, ils resteront silencieux toutes les 3 heures de l’émission à l’exception du tonitruant Hervé Siaba, Président de l’EFYM (Ecole de Football Yéo Martial).

La désillusion de Cabinda

« Je veux connaître l’origine du mal ». C’est la raison qui justifie ces concertations. Hier, c’était l’encadrement, puis les dirigeants de club. Aujourd’hui, le public et  aussi les journalistes ! « Il ne me reste plus que les joueurs », confie Anouma entre 2 répliques. De ces rencontres, il faut déjà retenir le limogeage attendu de Vahid Hallilodzig, le sélectionneur malheureux de la campagne raté de Cabinda.

Cette rencontre, c’est aussi l’occasion de lever toutes les équivoques sur la campagne manquée de Cabinda. L’anniversaire grossièrement médiatisée de Bamba Souleymane, la sanction disciplinaire de Romaric, le fameux pacte d’Akradjo qu’auraient signé les dirigeants de 92 etc. Dans sa volonté de clouer le bec à ses détracteurs, le film de l’anniversaire de Souleymane sera même diffuser…

Cet échec, aux dires de Drogba, a révélé d’autre part les jaloux de l’équipe. Tombant dans la démagogie, le mensonge parfois dans la calomnie, ils ont réussi à faire oublier les acquis et les apports- notamment la réunification circonstancielle du pays lors des éliminatoires de 2006 – de cette belle équipe.

Pour Drogba, intervenu en cours d’émission par téléphone depuis Londres, « l’échec, c’est 2010 ». Tout en rappelant les campagnes précédentes où ils « n’ont perdu que face au vainqueur », il redemandera la confiance des Ivoiriens non sans avoir préalablement demander pardon au nom de tous les siens.

« J’ai confiance en cette équipe »

Jacques Anouma se veut toutefois rassurant. La confiance demeure. C’est pourquoi, interroger sur le Mondial 2010, il rassure tout en faisant preuve de réalisme. « N’oublions pas que nous sommes dans la poule du Brésil et du Portugal », rappelle-t-il.

Aussi s’attèle-t-il à trouver le plus vite des solutions à cet « échec sportif » d’où cette entrevue avec les joueurs le 03 mars prochain. Les tractations pour trouver un entraîneur vont bon train. « Soyez rassurer…tous les noms avancés connaissent nos joueurs », relève-t-il.

Mais Anouma, les joueurs avec lui, restent conscient – et veulent le faire comprendre aux Ivoiriens – du challenge non moins important les attendant en Afrique du Sud. « Nous allons avec l’intention de gagner, mais eux aussi ! », conclura Drogba.

Le futur du football ivoirien

Que retenir en définitif ? Pas grande chose ! Sinon qu’un « procès d’intention raté » !

En effet, les interventions inopportunes et mal placées des uns et des autres ont trahi des ambitions égoïstes de personnes à mal pour la plupart de reconnaissance. « Je m’attendais à cela », dira l’accusé. « Nous ne touchons pas à l’essentiel », s’est indigné Drogba depuis Londres !

Cette rencontre aura eu néanmoins le mérite de l’explication et surtout de la clarification. Clarification de l’anniversaire outrancièrement déformé de Bamba Souleymane, clarification du cas Romaric…

« Le football ivoirien a de nombreux chantiers » en suspend. Le statut associatif des clubs qui n’est plus d’actualité, leur financement, la DTN (Direction Technique Nationale)…En somme, la professionnalisation du football ivoirien est à construire.

Donatien Kangah

Share