Le restaurant universitaire de Mermoz bientôt fermé ?

une cuisine vieillissante: on cuisine dans des casseroles

Un véritable calvaire pour les étudiants de la cité universitaire Mermoz : l’heure du déjeuner et du dîner. Une journée dans l’univers pitoyable du restaurant universitaire de Mermoz. Une vue de la cuisine d’où sortent les repas des étudiants de Mermoz. Le restaurant universitaire dans un état déplorable. Qualité de plats en dessous de la moyenne. Prestation

de service défaillant. C’est à la débrouillardise qu’on assiste quand il est temps de manger à Mermoz. Un univers auquel tout le monde semble être habitué. Que se soient les agents du CROU-A (Centre régional des oeuvres universitaires d’Abidjan), la partie qui représente l’Etat et ceux de la ‘‘nouvelle Ehua’’ société prestataire de service, tout le monde reste impuissant face à l’état déplorable dans lequel est plongé le restaurant universitaire de Mermoz.

La qualité des Un véritable calvaire pour les étudiants de la cité universitaire Mermoz : l’heure du déjeuner et du dîner. Une journée dans l’univers pitoyable du restaurant universitaire de Mermoz.

La qualité des mets…

Ceux qui payent le lourd tribut sont les étudiants qui, compte tenu de invariabilité du menu au programme sont obligés de consommer les mêmes plats tous les jours. Gabin Avion, étudiant en licence de science économique et de gestion à l’université de Cocody ne peut cacher sa colère. «Je ne peux pas comprendre que chaque jour on puisse manger les mêmes choses et que personne ne puisse faire quelque chose. Une sauce qui n’est même pas comestible en plus. C’est l’eau chaude qu’on nous donne ici ce n’est pas une sauce. Et tout ça avec un riz qui ne cuit jamais mais qui est tout le temps brûlé».

Les étudiants pointent du doigt les agents du CROU-A. Landry Konan, un autre étudiant estime qu’il y a quelque chose qui cloche. «Il est difficile pour nous d’admettre qu’on soit le représentant de l’Etat et être impuissant face à une situation aussi grave. Si la société prestataire de service n’a pas les moyens pour assurer le bon fonctionnement du restaurant universitaire de Mermoz, pourquoi forcément lui donner ce marché ?», s’interroge t-il.

…et les factures impayées en cause.

problème d'hygiène

Du côté de l’entreprise de restauration, on accuse l’Etat. Selon monsieur N’Dah, responsable de la nouvelle Ehua, tout ce qui arrive au «restau U» ne peut leur être exclusivement imputé. Il vit aussi le calvaire des fournisseurs de l’Etat. «Cela fait maintenant deux années que l’Etat nous doit. Quand on essaie de réclamer notre argent, on nous dit de patienter car le pays est en crise. Au début on y mettait notre propre argent pour assurer le service à Mermoz. Au niveau où nous sommes aujourd’hui, on ne peut plus le faire parce qu’on est étouffé financièrement. Cela fait un an que nos employés ne perçoivent pas leur salaire mais ce sont des choses que nous gérons nous à notre niveau. Si d’ici à la fin du mois de juillet 2010, l’Etat ne fait pas un geste, on sera obligé de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre», menace t-il.

Madame Manoua, représentante du CROU-A se dit elle-même impuissante face à cette situation : «C’est au dessus de mes compétences. Je ne fais qu’appliquer les consignes qui me viennent de ‘‘là haut’’. Cependant, en ce qui me concerne je pense que quand une parti doit à une autre jusqu’à deux ans d’arriérés c’est difficile de rompre le contrat qui les lie. C’est sans doute ce qui explique le fait que l’Etat est obligé de renouveler le contrat de la nouvelle Ehua, quand bien même elle fait de mauvaises prestations».

Pendant que le CROU-A et la société de restauration se renvoient les accusations, le «Restau U» s’enfonce et offre des prestations de mauvaises qualités aux étudiants de la cité. Ces derniers n’ont pas d’autres choix que de manger ce qu’on leur offre. Espérant que le menu va varier ne serait-ce que pour une journée.

Judy-Kaël Dahé