Le malheur semble s’abattre sur eux. Les habitants des deux cités universitaires du centre de la commune de Cocody.
Les habitants des cités universitaires de Mermoz et de la cité rouge ont été informés de la triste nouvelle dans la journée du mardi 18 mai 2010. 24 heures plus tard. C’est le déguerpissement de toutes leurs activités. Maquis, bars, boutiques, kiosque à café, salon de coiffure, espace internet et de photocopie etc… Une opération qui sonne comme un coup de poignard pour ces étudiants-opérateurs-économiques ce mercredi 19 mai 2010 date de début du déguerpissement.
En effet, plusieurs sont ces personnes qui en plus de leurs statuts d’étudiants développent au sein des différentes cités universitaires des activités économiques. Des activités diverses aux alentours des différentes cités universitaires permettant non seulement à ces opérateurs économiques (étudiants) de se prendre en charge, mais également aux bénéficiaires des différentes prestations (étudiants en majorité) d’être à l’abri du coût élevé de la vie.
Une opération mal (di)gérée
Christian Andé comme la majorité des résidents de la cité universitaire de Mermoz digère mal cette opération de déguerpissement.
« C’est une nouvelle qui m’a coupée l’appétit. J’ai énormément investi dans mon affaire (propriétaire d’un espace de photocopie devant la cité). Mais je crois qu’on y peut rien car semble t-il, la décision vient d’en haut. On ne peut que s’en soumettre».
Justin Silué, étudiant en maitrise de géographie ne s’en remet pas non plus de la nouvelle :
« Depuis le (mercredi) matin les gens en parlaient. Je croyais que cette histoire de déguerpissement aux abords des cités universitaires était une blague. Mais quand j’ai vu les machines arriver et tout démolir j’ai été très bouleversé. Imaginez-vous tout ce que peut représenter les pertes de ces différents étudiants qui ont investi dans leurs affaires. Et tout s’envole un seul matin c’est déplorable. »
En raison de l’organisation du 47è sommet de la BAD (banque Africaine de Développement) en côte d’ivoire, l’ordre a été donné d’assainir la ville d’Abidjan. Et les cités universitaires de la cité rouge et de Mermoz n’ont guère échappé à cette décision. En ce qui concerne la cité universitaire de Mermoz, le dépérissement est dû semble t-il au fait qu’une délégation d’hommes d’affaires Allemands après chaque réunion du sommet de la BAD devrait séjourner au centre culturel Allemand (situé juste derrière ladite cité).
Des raisons que certains résidents des différentes cités comme Larrissa Gnoléba, étudiante en licence des lettres modernes, accueillent avec beaucoup d’indignation.
« Je trouve que c’est pas du tout sérieux cette histoire. Ce n’est pas parce qu’on reçoit des délégations d’hommes d’affaires venant de l’extérieur qu’on doit faire semblant qu’on est propre. Il faut qu’on revoit notre manière de concevoir les choses. Notre pays est très sale et cela ne semble déranger personne. Mais quand il s’agit qu’une question d’intérêt, on est prêt à faire comme tout allait bien. »
Constant N’golo, étudiant en 2è année d’Anglais est également amer
« Je suis en colère par ce manque de sérieux de nos dirigeants. C’est à cause d’une question de sommet de la BAD qu’on devient comme par la magie propre sur le champ. Et on s’en fiche des dégâts qu’on peut causer à certaines personnes. Tous ces étudiants qui ont vu leurs magasins cassés sont sous le choc. En tout cas comme il s’agit qu’une question de salubrité, j’espère qu’ils trouveront des produits à mettre dans la lagune qui dégage une odeur insoutenable. Parce que j’imagine que les hommes d’affaires passerons par là aussi ».
Amers mais impuissants. Les étudiants des cités univeristaires de Cocody n’ont eu que leurs yeux pour regarder leurs petits commerces tomber en ruine. La bonne tenue du sommet de la BAD en dépend semble t-il.
Judy-Kaël Dahé








