Les concasseuses de Danané : Une passion à coup de pierres

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32 degrés à Libreville. Un quartier de la ville de Danané (ouest de la Côte d’Ivoire). A quelques encablures d’une école primaire, un site où trainent de grosses pierres.

Sur ce chantier à ciel ouvert et au relief accidenté, une vingtaine de femmes de tous âges, s’activent : Ce sont les « concasseuses de Libreville ». Armées de marteaux à crosse métallique, elles passent en moyenne 7 heures par jour, sous la canicule, à casser de la roche. Et ce, depuis une dizaine d’année pour certaines. Reportage.

Djeténin Fofana est la propriétaire de ce site. « Ma mère est l’une des premières femmes à casser le gravier, ici, à Danané. Mais elle exerçait un peu plus bas », montre-t-elle du doigt. « C’était non loin du domicile familial. C’est quand j’ai découvert ce site que les autres femmes du quartier sont venues nous rejoindre », se rappelle Djeténin.

Depuis, la fin de la crise post-électorale de 2011, le nombre de concasseuses a considérablement augmenté.  De 2 à 3 concasseuses, on en dénombre entre vingt et trente. Une situation favorisée par la paupérisation et la difficulté des femmes à obtenir un travail plus décent.

Tio Woulè Odile est l’une d’entre elles. Une veuve, la quarantaine révolue avec cinq enfants à charge. Devant elle, sur un hectare environ, se dresse un paysage dominé par amas de pierres parsemés çà et là. En toile de fond, le mont Nimba. Le corps et le visage à moitié recouverts de poussière, elle est assise à même le sol, sous un abri de fortune construit avec quelques feuilles de palmiers et des piquets de bois.

« Nous bandons nos doigts pour amortir la douleur du marteau », montre-t-elle entre deux coups. Dans mes débuts, il y a 6 ans, j’avais beaucoup d’ampoules dans les paumes. Maintenant, je suis habituée.  Je n’ai plus besoin de garder les yeux sur mes doigts pour casser le gravier », confie-t-elle en souriant.

Des accidents malgré l’expérience…