Adjamé gare nord (commune populaire). C’est une désolation totale pour toutes ces personnes. Les espoirs de toute une vie qui s’envolent. Des investissements de plusieurs années qui se ruinent en un seul jour. Un jour qui restera certainement gravé dans la mémoire de ces derniers.
Mardi 22 juin 2010, il est environ 10 heures quand des bulldozers avec une forte escorte des forces de l’ordre s’invitent sur les lieux (Adjamé face à la gare nord). Les consignes sont claires. Il faut déguerpir tous ces nombreux marchands d’articles de tout genre qui jonchent le long de la rue. Consignes mises en application avec une grande fermeté au grand désarroi des marchands qui voient cette mesure prise par l’Etat comme un coup du sort qui s’abat sur eux.
Hervé Sibaï, vendeur d’articles vestimentaires aux abords de la route :
« Nous étions à notre habitude en train de faire notre petit commerce ce matin quand aux environs de 9 heures 35 minutes des bulldozers accompagnés des forces de l’ordre sont venus dans le but de casser nos installations. Ce qui nous attriste le plus c’est qu’on n’était guère informés du fait que le déguerpissement allait avoir lieu aujourd’hui sinon on aurait pris nos dispositions. Mais quand ils sont arrivés, ils ont commencé à tout casser sans même nous laisser la peine de ranger nos affaires. Certains de nos articles ont même été emportés. C’est vraiment triste si bien que je me demande s’ils sont venus dans le but de déguerpir ou leurs réelles intentions étaient de prendre nos marchandises ».
S’il est vrai que cette amertume des marchands d’Adjamé gare nord est grande, il est aussi nécessaire de relever que cette action (déguerpissement) s’inscrit dans le cadre des préparatifs des festivités du cinquantenaire de la côte d’ivoire. Une action pour laquelle les différents occupants des lieux ciblés à Adjamé ont été prévenus selon les autorités. Information confirmée par Adjoumani Koffi, responsable de la brigade chargée de l’opération à Adjamé :
« Nous avons tout mis en œuvre pour leur porter l’information que l’opération devrait avoir lieu dans le courant de mois de juin. Comme vous le savez, ces marchands se comportent comme des tortues. Il faut leur mettre du feu derrière pour qu’ils s’exécutent. C’est ce que nous faisons aujourd’hui sinon figurez vous qu’ils ne libérerons jamais ces lieux si ne procédions pas ainsi ».
Judy-Kaël Dahé









