Une « pièce à conviction » qui fait parler d’elle

Une production audiovisuelle alimente ces jours-ci les conversations en Côte d’Ivoire et surtout à Abidjan. Il  s’agit d’un numéro du magazine Pièces à Conviction de la chaîne publique française France 3. Ce numéro du magazine baptisé Côte d’Ivoire roquettes sur nos soldats porte sur l’opération dignité et ses dégâts collatéraux. Cette production bien visible dans les rayons des revendeurs de CD de la ‘’sorbonne’’ (espace de discussion publique au Plateau, quartier des affaires) est à ce jour la plus demandée et la plus vendue.

 

De passage dans les rues du plateau, nous nous attardons devant un espace de vente de CD. Le petit monde présent s’est juste arrêté pour voir le documentaire qui éclaire les uns et les autres sur ce qui s’est réellement passé lors de l’opération dignité (ou César) à Bouaké. Les commentaires du journaliste sans parti pris retient l'attention de l’assemblée.

 

Certains sont étonnés de voir des archives exclusives des combats de Bouaké et surtout de voir les Sukoï 25  Ivoiriens vider leurs entrailles sur le camp Descartes. Loin de susciter des débats passionnés, le documentaire donne l’occasion de se poser des questions sur le commanditaire de ces frappes. En effet, le documentaire met à nu les responsabilités de chaque acteur de la crise. Il permet aussi et surtout d’entrer dans les micmacs de la France-Afrique et de comprendre que la politique est un jeu sordide et sadique ou les victimes sont les innocents.

 

Après la diffusion de ce documentaire qui passe en boucle toute la journée, les réactions diffèrent. « C’est un montage » souligne un élève du collège moderne du plateau. L’assemblée le foudroie d’un regard et l’imprudent se recroqueville. « Je suis heureux de savoir ce qui s’est réellement passé », affirme Jean Charles KOUAO, cadre dans un ministère. Un homme visiblement indigné lance cette phrase : « On a marché sur le pont au risque de nos vies pour un crime que nous avons vraiment commis ». Une dame de passage ne supporte visiblement pas le commentaire d’un jeune soldat français d’à peine 18 ans amputé après les évènements de Bouaké. Elle s’éloigne en disant : « la guerre est une vraie plaie pour l’Afrique ».

 

NDLR. Pour ceux qui ne l'ont pas encore vu

 

 

Suy Kahofi

Share