L’université de Bouaké à Abidjan, huit ans après

Le panneau indique l'entrée de la scolarité de l'université de Bouaké.

Créée depuis les années 90, l’université de Bouaké est la deuxième université publique de la Côte d’Ivoire après celle d’Abidjan (Cocody). Autrefois localisée à Bouaké, elle est depuis 2002 délocalisée à Abidjan à cause de la crise socio-politique. L’administration de ladite université et la bonne volonté des enseignants ont permis aux étudiants de poursuivre les études. Ainsi, de façon détachée, chaque unité de formation et de recherche (UFR) s’est localisée dans une commune de la capitale économique pour permettre aux enseignants de dispenser les cours.

Les UFR/CMS (communication Milieu et Société) et médicales sont dans la commune de Cocody, puis celles des sciences juridiques et économiques à Abobo. Cela fait exactement huit ans que les étudiants qui prennent les cours à Abidjan se déplaçent comme des nomades. La question du retour semble être oubliée car en 2005, l’on parlait du retour des étudiants à Bouaké. La question avait fait couler beaucoup d’encre mais aucune décision n’a été prise.

En dépit de la bonne volonté des enseignants et de l’administration, les difficultés sont pléthoriques.  L’administration est éparpillée et il est d’autant plus difficile d’avoir des papiers administratifs en cas de besoin. Chaque U FR avance en fonction de ces aspirations. On crie au désordre et les étudiants paient le prix.

Une année académique en sciences économiques ou en Droit dure pratiquement trois ans dans ladite université. « J’ai obtenu le baccalauréat en 2007 et j’ai commencé ma deuxième année universitaire dans le mois de juillet 2010. Je n’ai pas redoublé mais on n’avance pas», témoigne une étudiante en sciences économiques qui a souhaité garder l’anonymat. « Il est bien de sauver l’université de Bouaké mais ces retards accentués, meneront les étudiants à la dérive » , affirme un autre étudiant. Pour certains, le retour à Bouaké arrangerait les choses. Mais la décision finale appartient aux décideurs.

Huguette Akpoué

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