11/04/2018 / Moahet-Sran

Ouvert le 9 avril, à Abidjan, en terre ivoirienne, le 1er  Congrès régional africain contre la peine de mort s’est achevé le 10 avril 2018. Une rencontre organisée par l’association ECPM – Ensemble contre la peine de mort.

L’Afrique est vue comme le prochain continent abolitionniste. Et des deux (2) jours d’échanges et de débats du Congrès, l’on note des pistes pour « faire avancer l’abolition de la peine de mort en Afrique ».

De la responsabilité des médias

 

Pete Ouko - ex-condamné à mort kényan

En 2001, le Kényan Pete Ouko est condamné à mort pour meurtre. Il a toujours clamé son innocence. Détenu pendant près de 18 ans, Pete Ouko regrette que des journalistes de son pays n’aient pas rapporté les véritables faits des épreuves qu’il vivait. Une situation qui a considérablement changé aujourd’hui, où il dit entretenir « de bonnes relations avec les médias ».

« S’il [Hank Skinner] est encore en vie, c’est grâce aux médias », confie de son côté Sandrine Skinner, épouse de Hank Skinner. En 1995, Hank Skinner est condamné à la peine capitale au Texas (USA), pour un triple meurtre qu’il nie avoir commis. Il se trouve encore dans le « couloir de la mort ». Son épouse se félicite des efforts et de la collaboration de journalistes, pour la vie du condamné.

Sandrine Skinner encourage « les journalistes à être ouverts » aux situations des personnes encourant surtout la peine de mort. Peter Ouko appelle particulièrement les médias à « raconter de vraies histoires ». Ils (les journalistes) contribuent fortement à la formation de l’opinion publique. Et de leur travail peut dépendre la vie de certaines personnes.

De la nécessaire implication des jeunes…

L’une des raisons pour lesquelles Susan Kigula – ex-condamnée à mort en Ouganda et libérée en 2016 – parle de la peine de mort aux enfants, est que ces derniers propagent facilement l’information, dans leur entourage.

L’ex-condamnée à mort ougandaise justifie la mobilisation des jeunes contre la peine de mort par le fait que « ce sont eux qui constituent les prochains leaders ». Ndume Olatushani, ex-condamné à mort aux États-Unis, appelle donc à « donner aux jeunes gens la bonne information afin qu’ils prennent les bonnes décisions à l’avenir ».

… et des parlementaires

Les parlementaires ne sont pas et ne doivent pas être en marge du mouvement abolitionniste ; leur rôle est crucial. « Nous devons voter des lois et assurer le suivi » par les pouvoirs exécutif et judiciaire. Un appel de Jessie F. Majome (députée zimbabwéenne) à l’endroit de ses pairs parlementaires.

« Se regrouper en réseaux nationaux, régionaux et internationaux et porter le débat de l’abolition au cœur de leurs parlements ». Tel est l’appel de la Déclaration finale du Congrès régional d’Abidjan aux parlementaires africains.

« Un jour, les choses vont pouvoir changer », est convaincu Ndume Olatushani. Lui qui n’a « jamais douté de [son] espoir d’être libre », et qui l’est effectivement aujourd’hui.

Evrard Aka