27/07/2010 / Yoroba

Instant de liberté, moment de bonheur pour le couple Kouamouo - crédit photo Nouveau Courrier

La série Tchimou Vs Le Nouveau Courrier se poursuit avec de nouveaux épisodes, de nouveaux acteurs et de nouveaux scénarios. Au fil des heures nous vous donnerons l’évolution de la situation.

Ce mardi 27 juillet 2010 marque certainement la fin d’une longue période de captivité pour les responsables du quotidien Le Nouveau Courrier. Ils sont sortis de la MACA ce jour sous l’accueil chaleureux de leurs familles, amis et collègues. Cette fois ça y est, c’est fini !

(Mise à jour Lundi 26 juillet 18 h 58) C’est un Ouf de soulagement pour tous. Théophile Kouamouo, Oula St-Claver et Stephane Guédé viennent d’etre libérés. Le journal est suspendu pendant 15 jours et devra néanmoins payer 5 millions de francs CFA.

(Mise à jour Lundi 26 juillet 16 h 58) Les 3 journalistes sont actuellement devant le juge. Ce dernier à requis deux mois d’emprisonnement pour le chargé de communication du procureur Tchimou. Il a également requis 1 mois de prison et 5 millions de Francs CFA d’amende pour Théophile et ses amis. L’avocat des journalistes a démontré au juge qu’il n’y avait aucun chef d’accusation qui devrait être retenu. Et ce, sous les applaudissements de la salle. Le juge a d’ailleurs précisé que le verdict sera rendu aujourd’hui « et non demain » a-t-il insisté.

(Mise à jour Lundi 26 juillet 14 h 44) Le procès des 3 journalistes a débuté il y a quelques minutes. Les journalistes ont été priés de ranger leurs appareils photos.

(Mise à jour Lundi 26 juillet 14 h 25) Les journalistes ont été finalement autorisés à entrer avec les épouses des détenus. Le procès va bientôt démarrer.

(Mise à jour Lundi 26 juillet 14 h 11) Quelques personnes ont été autorisées à entrer dans une salle qu’on disait être la salle d’audience. Quelques minutes plus tard, les policiers leur apprennent que le procès va se tenir dans une autre salle…à huit-clos. Les avocats des journalistes négocient en ce moment avec le commissaire de police, pour une audience publique.

(Mise à jour Lundi 26 juillet 13 h 24) Le procès n’a pas encore débuté. L’accès à la salle est (toujours) interdite à la presse et aux amis des journalistes. Seuls les parents peuvent y avoir accès. Au moins une centaine de personnes attendent de pouvoir entrer.

(Mise à jour Lundi 26 juillet 10 h 24). Le verdict dans l’affaire Nouveau Courrier a été reporté à ce lundi 26 juillet. Déjà, le plateau est bouclé depuis ce matin par la police. De l’assemblée nationale jusqu’au tribunal, les Forces de l’ordre procèdent à des fouilles minutieuses de chaque personne qui entre dans le périmètre.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet) De nombreux journalistes  sont rassemblés depuis ce matin pour un sit-in devant le palais de justice. Objectif: protester contre la détention de leurs confrères emprisonnés à la MACA et exiger leur libération. Suivez minute après minute l’évolution de cette manifestation.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 12 heures 41): Les journalistes-manifestants ont été finalement « libérés » et autorisés à se rendre à la maison de la presse pour un debriefiing. Bilan de cette manifestation :plusieurs journalistes matraqués ,l’appareil photo d’un journaliste confisqué par la Police.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 12 heures 30): La police bloque l’entrée de la Cathédrale. Les journalistes n’ont pas le droit de sortir et repartir vers la maison de la presse. « Vous devez rentrez chez vous en empruntant les wôrôs wôrôs (taxis communaux) qui sont devant l’église », ordonne un policier aux journalistes.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 12 heures 19): Retirés dans l’enceinte de la Cathédrale St-Paul du Plateau, les manifestants lisent la déclaration de soutien aux amis en prison.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 12 heures): La Police charge et chasse les manifestants. Ces derniers se réfugient dans la Cathédrale St-Paul du Plateau (située en face du Palais de justice).

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 11 heures 45): le sit-in se poursuit. Les policiers multiplient les provocations contre les journalistes qui eux, restent sereins. Les forces de l’ordre menacent toutefois d’embarquer certains manifestants.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 11 heures 35) : Le sit-in vient de commencer devant le palais de justice. Les esprits s’échauffent entre manifestants et policiers

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 10 heures 50): La marche pacifique vient de commencer. les journalistes, nationaux et internationaux sont mobilisés.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 10 heures 38): les journalistes de la presse internationale viennent d’arriver à la maison de la presse. Selon certaines sources, les FDS (Forces de Défense et de Sécurité) bouclent le périmètre du palais de justice.

(Mise à jour Vendredi 23 juillet 10h20): Les journalistes sont à la maison de la presse. Au plateau, la commune administrative et des affaires. La marche va commencer dans quelques instants.

(Mise à jour Mercredi 21 juillet 14 heures 00). Le procès des 3 journalistes a été reporté au 26 juillet. L’information est tombée ce mercredi en début d’après midi. Toute la corporation journalistique, les amis et familles des journalistes ont accueilli la nouvelle du report avec colère et désarroi. Des pleurs, des cris de contestations ont « salué » la décision du procureur. Tous espéraient que ce serait la fin aujourd’hui.

(Mise à jour Lundi 19 juillet 19 heures 00) Après près de 4 heures de débats acharnés, de plaidoyers et de défense, le verdict du procès sera connu le mercredi : le procès reste en délibéré et les journalistes sont toujours aux mains de la justice.

(Mise à jour Lundi 19 juillet 18heures 30) Le procès se poursuit. Le procureur Raymond Tchimou s’accroche à son idée de pénaliser l’action des 3 journalistes. Leurs avocats, eux, tentent de ramener le débat sur les sentiers du droit de la presse.

Deux heures que ces échanges durent. Le rédacteur en chef Saint Claver Oula, le directeur des rédactions Théophile Kouamouo et Stephane Bahi le Secrétaire de Rédactions sont visiblement épuisés. Pendant tous ces débats ils sont debout. Si Théo et Oula ont pu avoir l’autorisation de s’asseoir, ce n’est pas le cas de Stéphane Bahi. La salle est surchauffée et noire de monde. Dehors les journalistes ivoiriens et internationaux font le guet en attendant avec impatience le verdict du procureur Tchimou.

(Mise à jour Lundi 19 juillet 15 heures 45) La Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest (MFWA, sigle anglais), basée à Accra, a interpellé le gouvernement ivoirien et exigé « la libération immédiate et sans condition » des journalistes emprisonnés, a appris la PANA, lundi, dans une déclaration de l’organisme sous-régional de surveillance de la liberté de la presse. Le MFWA a exprimé toute sa consternation suite à la détention des journalistes, en lançant un appel pour leur « relaxe immédiate et sans conditions ».
« Le MFWA est attristé par l’attitude manifeste des autorités ivoiriennes qui obligent les journalistes à révéler leurs sources », a déclaré l’organisme de défense de la presse.
« La confidentialité et la protection des sources sont les principes- clé du journalisme partout dans le monde, incluse la Côte d’Ivoire », poursuit le communiqué. (Source Pana)

(Mise à jour Lundi 19 juillet 15 heures 35) Le gouvernement ivoirien a dit lundi souhaiter la remise en liberté des trois journalistes écroués à Abidjan à la suite de la publication des conclusions confidentielles d’une enquête judiciaire sur des malversations présumées dans la filière cacao en Côte d’Ivoire.

«Pour nous, il s’agit de tout faire pour que les journalistes soient libérés», sans faire perdre la face à l’appareil judiciaire, «c’est notre ligne de conduite», a déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ibrahim Sy Savané.

Ibrahim Sy Savané, revendiquant un rôle de conciliateur, s’exprimait lors d’une réunion à son cabinet avec les organisations professionnelles de la presse ivoirienne, qui ont exigé la «libération sans délai» de leurs confrères.

Le ministre a assuré qu’il n’y avait «aucune remise en cause de la loi» de 2004 sur la presse, qui exclut les peines d’emprisonnement pour les journalistes. (Source Libération.fr)

(Mise à jour Lundi 19 juillet 15 heures 20) Des journalistes de Tv5 ont été interpellés par des Forces de l’ordre alors qu’ils étaient en train de filmer. Ils sont ressortis des bureaux affirmant qu’ils n’ont pas été « intimidés ». Le procès n’a toujours pas débuté.

(Mise à jour Lundi 19 juillet 14heures 40) « Il n’y a plus de place à l’intérieur. Nous sommes obligés de rester dehors », affirme l’un de nos envoyés sur place au Tribunal du Plateau. Amis, confrères, familles ou simples curieux. Ils sont venus nombreux pour suivre ce procès. A l’intérieur du tribunal, Théophile, Stephane et Oula sont déjà installés. Ils n’attendent plus que le procureur pour débuter. Le début était annoncé pour 13 heures, puis 13 heures 30.

(Mise à jour Lundi 19 juillet 12 heures 45) Les trois journalistes viennent d’arriver au Parquet. Le procès doit débuter dans quelques minutes.

(Mise à jour Lundi 19 juillet 12 heures 30) Selon une source proche du procureur Tchimou Raymond, le procès des 3 journalistes du quotidien Le Nouveau Courrier pourrait se tenir à 13 heures ce lundi 19 juillet au tribunal du Plateau. Cette audience déterminera si les responsables du journal seront condamnés ou libérés.

(Mise à jour Samedi 17 juillet 18heures 30) Les trois responsables du Journal le Nouveau Courrier ont passé leur première nuit à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Mais cette incarcération n’a pas altéré la sérénité des journalistes.

C’est avec le sourire que Théophile Kouamouo, Saint-Claver Oula et Stéphane Bahi vous accueillent. « Nous allons bien et nous restons fort » assurent t-ils.

Pour les têtes du quotidien le Nouveau Courrier, cet emprisonnement vise à « casser le journal ». « On veut décapiter Le Nouveau Courrier en enfermant les responsables de la rédaction ». Mais pour les « trois détenus de Tchimou », cela ne peut les ébranler. Ils savent d’ailleurs qu’ils peuvent compter sur le soutien de toute la corporation journalistique de Côte d’Ivoire, de même que leurs familles et leurs amis.

« Depuis notre arrestation jusqu’à notre emprisonnement ici à la Maca, des personnes continuent de nous témoigner leurs soutiens. ça nous réconforte ».

(Mise à jour vendredi 16 juillet 18heures 45)Finalement Théophile Kouamouo et les deux autres journalistes vont être déférés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA). Les longs échanges entre les avocats et le procureur Tchimou n’ont rien donné.

(Mise à jour vendredi 16 juillet 13 heures 50)Les syndicats de la presse ont fait une déclaration. Ils exigent la libération immédiate de Théophile Kouamouo, Stephane Bahi et Oula Saint Claver. Si ce n’est pas fait aujourd’hui, ils publieront lundi tout le « dossier brûlant » sur les malversations de la filière café-cacao. Ils promettent également des manifestations et une journée sans presse.

(Mise à jour vendredi 16 juillet 10 heures 50) Théophile Kouamouo, Saint-Claver Oula, Stéphane Bahi sont actuellement enfermés dans une cellule pleine à craquer. Attendant leur tour devant le juge. Oula est très affaiblie. Il a commencé une grève de la faim et refuse aussi de prendre ces médicaments…

(Mise à jour vendredi 16 juillet 08 heures 47). Les trois journalistes sont en train d’être déférés au parquet. C’est menottes au poignet que les journalistes du quotidien le Nouveau Courrier sont transférés.

(Mise à jour vendredi 16 juillet 09 heures 30). Le Rédacteur en chef du quotidien le Nouveau Courrier refuse de s’alimenter et de se nourrir jusqu’à ce que le procureur Tchimou revienne sur sa décision de les garder contre leur gré. Hier, il avait été admis d’urgence dans une clinique en raison de son état de santé qui s’est fortement dégradé. Après les soins, il est retourné en cellule. Cette grève entamée par Saint Claver Oula pourrait empirer son état de santé. Espérons seulement que le procureur pourra être sensible à cette ultime action avant la comparution des journalistes devant le parquet ce vendredi.

(Mise à voir jour 22 heures 07) Théophile Kouamouo directeur des rédactions du journal Le Nouveau Courrier, ainsi que Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, directeur de publication et rédacteur en chef, « seront déférés demain (vendredi) pour vol de document », a affirmé à l’AFP le procureur du tribunal de première instance d’Abidjan, Raymond Tchimou.

(Mise à jour 19 heures 02) Cet après midi a été particulièrement mouvementé du côté de la PJ au Plateau. Les choses échappent de plus en plus au Procureur. Selon nos sources, Tchimou aurait mandaté un émissaire auprès des détenus pour faire « amende honorable ». En d’autres termes, l’envoyé du procureur a demandé aux journalistes d’écrire une lettre dans laquelle ces derniers s’excusent et livrent (enfin) la ou les source(s) tant réclamée (s). C’est seulement à ces deux conditions qu’ils seraient libérés. Le Procureur joue ses dernières cartes sachant que passer la journée de demain vendredi 16 juillet, les responsables du quotidien Le Nouveau Courrier devraient être relaxés ou déférés. Or en l’espèce, il ne dispose d’aucunes preuves pour les déférer.

Les « amis » politiques du procureur (des responsables du Front populaire ivoirien,FPI, et de la mouvance présidentielle) ont souhaité se désengager à haute voix et en choeur des « actes manqués » du procureur de la république.

Le Docteur Guehoun, secrétaire national à l’information du FPI, a fait une déclaration dans laquelle il insiste sur le fait que « Tchimou agit en son nom propre et de son propre chef». Même son de cloche de la part de l’ancienne ministre de la communication Danielle Boni Claverie et de l’ancien journaliste Paul Ano. De telles déclarations isolent TO-TA-LE-MENT le magistrat.

Il va devoir d’ailleurs affronter un autre avocat. Me Hivat Tié Bi du cabinet SCPA LES OSCARS, va se constituer (si ce n’est déjà fait) aux côtés de Me Gueu avocat des détenus.

Au moment où nous écrivons ces lignes, Saint Claver Oula a vu son médecin et a dû retourner à sa cellule. Le Red’ Chef a reçu la visite et les soins de son médecin.

(mise à jour 12 h28)

Il est environ 7 heures 20 quand nous arrivons devant les locaux de la Police judiciaire au Plateau (centre des affaires). L’ambiance habituelle qu’on connait au Plateau n’est pas encore installée. Le décor non plus. Il est encore tôt. A la Police judiciaire les visites sont (en principe) autorisées de 6 heures à 8 heures.

Devant le portail de l’ instance policière nous retrouvons un confrère. «J’ai pu voir Théo juste pour5  minutes. Après on m’a demandé de sortir car je n’avais pas le droit de le voir». Selon des informations reçues d’un policier, ils auraient reçu l’ordre du Directeur général de la PJ, selon lequel aucun visiteur ne devrait rencontrer Théophile Kouamouo et ses collaborateurs.

Nous patientons, quelques minutes. Peu avant 8 heures, nous entrons jusqu’aux portes de la salle (au sous sol) où est située la cellule. On a juste le temps d’entrevoir des barreaux et de nombreuses personnes entassées à l’intérieur.

Malheureusement nous ne pouvons apercevoir les trois journalistes. Nous sommes vite sommés de retourner à l’extérieur car «c’est l’heure de l’appel ». Les équipes de nuit ont fini. Leurs collègues doivent les remplacer.

Nous sommes donc accompagnés jusqu’aux portes de la Pj par un homme en civil. Il va rester devant la porte pour filtrer ceux qui entrent et qui sortent.

Les confidences d’un flic

«Ici nous gardons les criminels et autres braqueurs. Nous ne comprenons pas trop ceux que ces journalistes font ici», lance un policier en essayant de nous rassurer avec le sourire «Ne vous en faites pas. Ça ne va pas durer comme ça ».

De sources bien introduites, nous avons pu apprendre que les policiers détiennent les journalistes, malgré eux. «Il faut les comprendre, ils appliquent les ordres qu’on leur donne», assure un visiteur qui nous a rejoint.

10 heures. Après avoir fait le guet devant les bâtiments de la PJ, un policier nous demande de revenir autour de 12 heures. «C’est l’heure normale des visites ». Finalement nous décidons de quitter les lieux convaincus que les policiers usent de malice pour nous empêcher de voir les responsables du Nouveau Courrier.

Oula malade…

Au moment où nous quittions les lieux, des proches d’ Oula Saint-Claver, le rédacteur en Chef du Nouveau Courrier, essayaient de joindre son médecin. Ils étaient aidés dans leur tache (par téléphone) par Mam Kamara, Président de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. Il souffrirait d’un ulcère et les conditions de détention à la Police judiciaire n’arrangent pas les choses.