Mariage à Cocody : le calvaire des jours heureux !

Samedi 8 mai 2010, à l’Hôtel Communal de Cocody (quartier présidentiel d’Abidjan) : c’est un samedi ordinaire, avec l’affluence des jours de mariages en grandes pompes. Beaucoup de monde (parents, amis, invités et surtout organisateurs des heureux événements), avec en prime, un soleil à son zénith comme pour attester de l’accord de la saison qui ces derniers temps, est devenue imprévisible.
Mais voilà, ce jour-là, il y a quelque chose de particulier. Les esprits sont surchauffés, et chacun de décrier le martyr qu’il subit du fait, paraît-il, des autorités communales. En fait, c’est que tous les mariages, qui devaient débuter en principe à 9h00, ont été décalés et qu’à 12h00, heure à laquelle a été prise la photo, plusieurs dizaines de personnes ne sont pas encore rassurées quant à l’heure à laquelle le mariage pour lequel elles se sont déplacées aura enfin lieu. Et pour cause.
Le matin déjà, une haute autorité du pays devait assister au un mariage d’un couple (béni !). Pour cette raison, le temps a été suspendu : avant, pendant et juste après cette célébration, tout le monde devait retenir son souffle pour ne pas perturber cette grand’ messe. Quelques heures après cet événement, alors que les uns et les autres s’affairaient à se repositionner pour en finir avec la cérémonie civile car pour la plupart, ce n’est que le début d’une longue journée qui va s’achever dans une soirée interminable… on apprend que la même haute autorité revient pour un autre mariage, et que comme le matin, tout doit à nouveau s’arrêter.
Il n’en fallait pas plus pour énerver tout le monde. « Elle n’aurait pas pu célébrer tous ses mariages en même temps pour nous laisser tranquilles une bonne fois pour toutes ? », asséne un vieillard visiblement agacé. « Ces gens-là, ils oublient que c’est nous qui les avons mis là où ils sont aujourd’hui. Et dès qu’ils sont au pouvoir, il s’en foutent de nous… », renchérit un autre.
Les discussions sont vives, et les agents des forces de l’ordre qui essaient de dégager la devanture de l’Hôtel communal pour faire la place au cortège de l’autorité en question, se heurtent à la témérité des organisateurs de mariages que le soleil ardu n’a fait que renforcer. Il s’ensuit des échanges pas très peu amicaux, pendant lesquels on entend la sirène qui annonce l’arrivée de l’autorité.
Source Ch@rlie

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