Ces mendiants au berceau*

Il est 8 heures 15 ce vendredi. Un petit garçon s’approche d’une voiture stationnée au feu rouge, tendant la main  qu’on perçoit à travers la vitre.

Le boulevard Valérie Giscard d’Estaing ou VGE est le lieu où se déroulent souvent des spectacles intrigants laissant parfois le spectateur sans voix. C’est le cas de le dire aujourd’hui.

Ralliant en effet plusieurs communes telles que Marcory, Koumassi, Treichville, le boulevard est le point de rendez-vous de diverses personnes qui  s’y retrouvent pour diverses raisons. Cependant, à chaque feu tricolore jonchant cette voie, se trouve une petite troupe de personnes qui n’attendent que le passage au rouge pour passer à l’action.

A les voir assises, on ne soupçonnerait rien de louche chez elles. Seulement, il suffit que le feu change de couleur pour que leur intention réelle se révèle au grand jour. Ainsi lorsque les voitures sont stoppées par le virement au rouge, une multitude d’enfants, tel un essaim d’abeilles se ruent sur les “ pauvres’’ conducteurs.

Ces derniers assaillis par tant de mains tendues ne savent plus où donner de la tête encore moins comment réagir. Harcelés, certains n’hésitent pas à griller le feu quitte à commettre une infraction au code de la route. En outre, ce qui attire l’attention, ce n’est pas le fait de quémander qui est devenu monnaie courante à Abidjan, c’est plutôt les personnes qui le font. En effet, la catégorie de mendiants auxquels nous avons affaire est particulière.

Des enfants à peine âgés de 4 ans, mal vêtus et d’apparence un peu repoussante, qui d’un signe de la main saluent le conducteur avant de s’agripper à son bras dans le but de recevoir quelque chose en retour. Dans le cas où les vitres sont montées, ils se mettent à frapper tout doucement dans le but d’attendrir celui-ci. La scène est tellement calculée que c’est à croire qu’elle est dictée par une main souterraine invisible.

Face à cette situation qui tend à se développer depuis quelque temps, la question que l’on est tenté de se poser est  celle de savoir où sont les parents de ces enfants et  qu’est-ce qui peut bien les emmener à se jeter dans les rues si dangereuses pour quémander leur  pain ? Des enfants qui à ces heures devraient être à l’école.

Sarang Nefertiti

* Publié la 1ère fois le : 30 juillet 2010 à 9 h 31 min

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