Mobile du meurtre : violence gratuite !

Assis à même le sol, les jambes tendues, tête baissée, un homme pleure. A coté, un corps sans vie, celui d’une femme, baignant dans une marre de sang. Non loin, une machette. Probablement l’arme du crime.

C’est le spectacle macabre qu’il nous a été donné de voir ce jeudi 19 Août aux environs de 20h00 à Tabou, une ville dans l’ouest de la Côte d’ivoire. Tôt ce matin, Zerbo (nom donné par souci d’anonymat) sort de chez lui pour se rendre aux champs comme d’habitude. A son retour sur la route, il croise des amis qui l’invitent à prendre un pot (à boire de l’alcool). Proposition qu’il accepte avec grande joie surtout après une journée de dur labeur.

C’est en effet, ivre que Zerbo décide de prendre congé de ses amis. Pendant ce temps, à la maison sa femme enceinte de 7 mois, lasse de l’attendre avant de manger, s’est endormie. Zerbo rentre, la réveille afin d’accomplir son devoir conjugal ; celle-ci lui demande de le remettre à plus tard parce qu’elle ne se sent pas bien. Le mari ne l’entendant pas de cette oreille. Il menace de la tuer; ce qu’il met d’ailleurs  à exécution.

Dans une grande fureur, il s’empare donc de sa machette déposée dans un coin de la maison, saisit sa femme par les cheveux, et lui tranche la gorge. La sœur de cette dernière assassinée, alertée par les cris des voisins, arrive et fond en larmes. « Je t’avais dit de partir parce qu’un jour, il te tuera. Pourquoi ne m’as-tu pas écoutée« , sanglote t-elle. Elle est inconsolable, les femmes qui assistent à la scène ne peuvent retenir leurs larmes.

Ce genre de scène parfois dramatique se voit et se vit presque quotidiennement. Chaque jour, 1 femme sur 5 est victime de violences conjugales dans cette région. Des campagnes de sensibilisation sont menées par les organisations non gouvernementales (ONG) en vue de remédier aux violences faites à l’endroit des femmes, phénomène qui prend de l’ampleur.

Nadya Gnépo,  tabou

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