On fuit Abidjan !

Des voyageurs à KS gare Adjamé

Depuis un certain temps, de grands mouvements de personnes et de biens se constatent à travers toute la ville d’Abidjan. Pour certains, il faut quitter Abobo, Anyama et Koumassi  où ont lieu des combats entre assaillants et Forces de Défense et de Sécurité  pour se réfugier dans des quartiers dits « sécurisés ».

Pour d’autres, il est mieux  de carrément partir d’Abidjan qui peut à tout moment être gagné par  des  combats  de grande  envergure. Ainsi  baluchons  sur  la tête, sac au dos ou en main, l’on se dirige vers  les  gares routières. Celles-ci se trouvent à nouveau  bondées  comme  en  période  de fête  de  fin  d’année où  plusieurs  regagnent  les  familles.

Mlle  Akissi, une fille de maison, raconte :

« Mon oncle qui est militaire me dit de rentrer  au  village parce que  les gens  là vont  attaquer  Abidjan  dans deux jours», affirme t-elle l’air très attristée.

Ma voisine du nom de Mobla  a dû regagner  son  village sur appel  des parents. Même le voisin mauritaritanien a fermé sa boutique et a disparu!

Ok, tout cela est bon car chacun cherche à se protéger. Mais supposons un seul instant que tout le monde  quitte  Abidjan  pour  son  village, les Ebriés (ethnie d’Abidjan)  resteraient  seuls  et  très  rapidement  seraient envahis  par  « l’attaque». « Mais en plus où ne meurt-on pas ? », comme on aime à le dire à Abidjan. Qui peut déterminer avec précision l’endroit qui sera attaqué  dans 24 H ou 48 H ? Ou encore peut-on apprécier  exactement la trajectoire  d’une balle qui sort d’un fusil, qu’on se trouve à Abidjan ou au village ?

Abraham Laboriel

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