18/03/2011 / Donatien Kangah

Un monticule d’ordures dans une commune d’Abidjan

Pour les spécialistes des questions ivoiriennes et autres observateurs avertis de la crise en Côte d’Ivoire, il y a 2 protagonistes qui sont en lice, qui se battent. Deux camps qui s’opposent et qui s’affrontent : le camp Ouattara d’un côté et de l’autre côté le camp Gbagbo.

Mais pour les ivoiriens en général et en particulier ceux vivant dans le district d’Abidjan, il existe un troisième camp dans cette crise ivoirienne. Un protagoniste qui dans l’indifférence  la  plus totale des uns et des autres, fait son petit bonhomme de chemin. Ce protagoniste n’est rien d’autre que les ordures

Les ordures ont envahi la ville d’Abidjan. Elles ont même atteint le seuil de l’intolérable. Aucune commune, aucun quartier n’est épargné par cette avancée titanesque de ces ordures, que rien ne semble plus arrêter.

Des communes les huppées aux bidonvilles, les ordures offrent un spectacle des plus immondes au visiteur. Des chaussées et trottoirs obstrués aux marchés en passant par les espaces verts, rien n’échappe à ces tas d’immondices. C’est donc un constat d’échec de la puissance publique à venir à bout de ce phénomène que l’on assiste.

Une rue entièrement occupée par les ordures

La récente épidémie de choléra déclarée dans le district sanitaire de la commune d’Adjamé en est un exemple palpable. Une épidémie qui a fait au moins une dizaine de morts parmi la population parce que tout simplement les autorités communales aidées en cela par la tutelle n’ont pas été en mesure de débarrasser  Adjamé (commune abritant la plus grande gare routière) des tonnes d’ordures.

Les ordures qui traduisent tout le drame des abidjanais

Sylla Moustapha dénonce la prévarication qui prévaut devant la montée en puissance des ordures.

« Au lieu que les hommes politiques se battent pour le pouvoir, ils feraient mieux de se pencher sérieusement sur la question relative aux ordures qui comme les armes tuent également ».

Kouadio Benoit, quant à lui, s’insurge contre les populations qui doivent changer d’attitude selon lui.

« Il est inconcevable que les gens laissent les bacs commis pour recevoir les ordures pour déverser  celles-ci à même le sol. Il est temps que l’on change de comportement car les ordures ne connaissent pas de différence entre les couches sociales. Riches ou pauvres, nous sommes tous concernés par les effets pervers de ces ordures. Le choléra et la fièvre jaune qui sont actuellement en cours dans le district d’Abidjan, sont la résultante des nos mauvaises habitudes

FREDERIC GORE BI