Un après-midi littéraire dans les locaux d’une église. La Cathédrale St-Paul du Plateau (centre des affaires d’Abidjan).
Le Goethe-Institut et ses désormais fidèles compagnons du club allemand de l’université de Cocody n’ont pas trouvé mieux. Le premier anniversaire de « Ostermin-Rencontre sur les lieux », ce 20 février 2010, s’est prêté au jeu. Puisque c’est bien par le biais des mots diversement enjoués – lire, rire et faire rire, chanter et poétiser – que les acteurs ou autres « hommes de lettres » du jour ont parlé, mieux communiqué.
Pourquoi ce choix? « Parce que la paix est dure, pénible à réaliser… » Et que, pour y arriver – dira Mme Kastner, Directrice du Département Information et Bibliothèque du Goethe-Institut Côte d’Ivoire, et par ailleurs promotrice de ce programme – « il faut toujours faire un pas vers l’autre, même si tout nous s’oppose ».
Le décor ainsi planté, les étudiants du chœur « Franziska Renaud », la chorale du club, ouvrent le bal. Cela par l’hymne de « Ostermin » : « Lesen heisst auf Wolken liegen » (Lire signifie être sur des nuages).
Plusieurs prestations, précisément 13, émailleront ce moment. Des lectures, essentiellement de la poésie, d’auteurs de différents époques et horizons – Allemands, Béninois, Ivoiriens et même Chinois ! – toutefois tous épris de paix. Des représentations théâtrales : 2 au total. De la chanson aussi, poésie et chanson faisant bon ménage.
« Une telle ingéniosité ! »
Il faut toutefois noter la prestation remarquable et remarquée du jeune rappeur ivoirien Kouadio Atobe alias Escale. Harmoniser des textes d’auteurs allemand (Brecht et Werfel) sur du fond rap ! Il l’a réussi, trop bien réussi au point que son refrain « Vorwäts, nie vergessen Die Salidarität » a été repris en chœur par l’ensemble des 200 participants.
L’autre coup de chœur, c’est la troupe théâtrale. Son professionnalisme séduit. « Ils sont trop forts », lâche une invité se tordant de rire. « Magnifique », dira Mme Kastner, charmée par la prestation de ses poulains. La pièce qui passe porte sur le pardon. Du rire, et surtout beaucoup de leçons tirées de « situations déjà vécues».
Le clou de la rencontre, ce sera l’arbre de la paix, du moins « des espoirs de paix ».
Les participants ont été invités à inscrire leurs espoirs sur des bouts de papiers accrochés par la suite aux branches de ce faible arbre, un peu à l’image de la « paix » du pays.
D’ailleurs, leurs mots révèleront cette soif de stabilité qu’exprime tout le peuple ivoirien. « Paix, denrée rare. On espère la retrouver en Côte d’Ivoire », « Faisons de la paix notre quotidien » ou encore « Aimons-nous car l’amour est le résumé de tous les autres mots de cohésion » …pourriez-vous lire sur les branches de cet arbre qui sera planté en l’enceinte du Goethe !
Donatien Kangah









