Passeport biométrique et le calvaire des Ivoiriens de la Diaspora

Les Ivoiriens de l'étranger ont du mal à comprendre cette pub au regard des dispositions pratiques

Etre Ivoirien, vivre à l’étranger et tenter de confectionner son passeport biométrique est une entreprise difficile voir périlleuse. Les conditions requises pour pouvoir réaliser ce passeport sont quasi impossibles à remplir pour bon nombre d’Ivoiriens de la diaspora.

Outre la difficulté à présenter les pièces administratives exigées (extrait d’acte de naissance, CNI, Certificat de nationalité), il se pose un véritable problème dans le choix du lieu de confection du passeport.

En effet sur les cinq continents, seul cinq villes offrent des services qui peuvent permettre aux Ivoiriens disséminés à travers le monde de confectionner leurs passeports. Abidjan et Johannesburg (Afrique du Sud) pour l’Afrique, Paris (France) pour l’Europe et les pays de l’ex bloc soviétique, Washington (USA) pour tout le continent américain et Beijing (Chine) pour l’Asie. Cette localisation des centres de confection du passeport biométrique fait l’affaire des Ivoiriens résidants dans ces villes et pays mentionnés. Mais que dire de ceux qui vivent plus loin des Centres choisis ou dans d’autres pays ?

Si l’on s’en tient exclusivement à ce découpage fait par les autorités Ivoiriennes, c’était comme si les Ivoiriens de l’étrangers ne vivaient que dans ces villes citées plus haut ou avaient une facilité de se rendre dans celles-ci. Comment quitter Oslo (Norvège) pour Paris (France) avec un passeport dont la date de validité à expirée en vu de le renouveler ? Le coût du voyage (transport aller-retour, frais d’hôtel et déplacement) n’est pas à la portée de toutes les bourses. Les risques de rapatriement aux frontières sont multiples car sans se le cacher bon nombre d’Ivoiriens vivent en situation irrégulière.

Comment pouvoir obtenir un titre de séjour et vivre en paix si l’on éprouve autant de difficulté à obtenir un passeport, seul document administratif permettant d’engager les démarches dans le pays hôte ? Selon Ange IRIE BI étudiant Ivoirien à Bangalore (Inde) le gouvernement place les Ivoiriens de l’étranger dans une position quasi suicidaire. « On ne se rend pas à Beijing ou à Paris comme on va en wôrô-wôrô de Cocody à Adjamé », affirme t’il. « C’est de l’argent, du temps et un périple qui peut se solder par la mort. Qui nourrira la famille au pays si on est rapatrié ? ».

Les Ivoiriens de la diaspora sont indignés dans la mesure où lors de l’enrôlement sur les listes électorales plusieurs centres par continent ont été choisis pour facilité la tâche aux Ivoiriens. Pourquoi ne pas en faire de même pour le passeport ?

La vive réaction de cet Ivoirien de la Diaspora résume bien la situation :

« Sans doute le calvaire des ivoiriens d’Europe dans le cadre de l’établissement de leur passeport est aussi vécu par la diaspora ivoirienne des autres continents. Si l’on s’en tient à l’information actuellement en ligne sur le site internet officiel du gouvernement ivoirien, seulement Washington a été retenu pour le continent américain comme lieu d’établissement du passeport biométrique. Or pour l’enrôlement, avaient été également retenus, pour les Etats-Unis, New York, Los Angeles, Atlanta, et, pour le Canada, Ottawa et Montréal. Pour l’Asie le passeport biométrique ivoirien ne peut être établi qu’à Beijing (Chine), alors que l’enrôlement y avait également lieu à New Deli (Inde) et à Ryad (Arabie Saoudite). Quant à la diaspora ivoirienne en Afrique, elle peut se rendre en Côte-d’Ivoire ou en Afrique du sud, précisément à Johannesburg pour la confection du passeport biométrique. Or cette diaspora ivoirienne a pu également faire son enrôlement, au Maroc, en Tunisie, au Sénégal, en Guinée, au Mali, au Gabon, au Burkina Faso, au Nigeria et au Ghana…»

C’était comme si ces Ivoiriens de l’étranger étaient un bétail électoral à engraisser pour la bonne cause (vote) et qu’après ils devenaient des citoyens de seconde zone. C’est une injustice car selon la constitution tous Ivoiriens sont égaux donc l’excès aux documents administratifs doit être partout le même.

Vivement que le gouvernement Ivoirien trouve une solution à ce problème au risque de se rendre coupable des mésaventures de ses ressortissants à l’étranger. L’idée d’une possibilité de confection du passeport dans tous les consulats et Ambassades est émise. Encore faut-il que le gouvernement y mette du sien en évitant de brandir la trop célèbre rhétorique des ‘’problèmes financiers dus à l’état de crise du pays’’.

Suy Kahofi

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