Il fait jour, le marché central d’Abengourou grouille de monde. Mamadou est submergé par la foule autour de lui. « Approchez ! Approchez ! Y’a CD, bon CD », s’écrit t-il.
Sur les contre-plaqués qui lui servent de stands, on aperçoit des centaines de disques (audio, vidéo) de plusieurs artistes nationaux et internationaux. Des œuvres de l’esprit contrefaits et vendues de façon aussi singulière à 1 000 f cfa ou 800 f cfa.
S’il y’ a du monde ce jour ci, c’est parce que notre jeune vendeur a de nouveaux produits : des exclusivités, des CD audio et visuels, des compilations de musique. Les clients du jeune vendeur sont satisfaits. Ces fans d’artistes s’arrachent les disques, font des commandes, se renseignent sur la disponibilité des œuvres de leurs idoles.
Quant aux risques encourus, Mamadou, et ses clients n’en ont cure.. « Mon vié ! Y’a pas pirate ici, faut circuler. Faut pas gâter mon mangement »,’lâche Mamadou, apparemment agacé par nos questions.
Une cliente perdue dans la foule rétorque : « il faut nous laisser tranquille. Si tu nous montre ou on vend CD original ici, on ira en acheter ». Un avis partagé par la foule qui le manifeste par des acclamations et des cris de joie.
A Abengourou, tout comme dans la plupart des villes de l’intérieur, les mélomanes ont du mal à se procurer les œuvres de leurs idoles. Les œuvres ne sont pas disponibles partout en Côte d’Ivoire après leur sortie. La distribution des œuvres se limite à la ville d’Abidjan. Ainsi, pour un CD, il faut parcourir plusieurs kilomètres, dépenser beaucoup d’argent dans le transport pour un produit original dont une copie est pourtant disponible partout.
La Direction départementale du Bureau Ivoirien des Droits d’Auteurs (BURIDA) dénonce, par contre, le manque de moyens adéquats pour lutter efficacement contre le phénomène, la complicité des populations et la non implication des autorités .
Joseph YEGOBINI OUATTARA









c’est domage pour la musique ivoirienne