25/12/2016 / Stéphane Kra
pauline_koelbl_pia
©Photo : Audrey Severine Ble

En juillet 2017, les lauréats de la 6e édition du Prix de l’innovation pour l’Afrique (PIA) seront connus. Pour cette édition, les organisateurs veulent tenir la cérémonie de remise de prix dans un pays francophone d’Afrique de l’Ouest. Pauline Mujawamariya Koelbl était en Côte d’Ivoire du 8 au 9 décembre 2016.

Cette présence de Pauline Koelbl en terre ivoirienne s’inscrivait dans le cadre d’une tournée qui l’a également conduite au Togo et au Sénégal. Objectif : « rencontrer les parties prenantes clés et discuter du processus d’appel d’offres pour accueillir l’évènement phare du continent africain ». Pour la Directrice de programme du PIA, cette tournée devrait permettre d’établir « des partenariats avec des membres de gouvernements, des entreprises privées, des institutions, des investisseurs et autres acteurs clés de l’innovation ». Nous l’avons rencontrée à quelques jours de la fin de l’appel à candidature. Date limite pour postuler : 3 janvier 2017.

  • Vous étiez à Abidjan dans le cadre d’une tournée ouest-africaine pour envisager le pays qui va abriter la cérémonie du Prix de l’innovation africaine en 2017. Pourquoi un choix porté sur cette région de l’Afrique francophone ?

Plusieurs raisons. On n’a jamais eu de PIA dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne. Il y a eu cinq éditions. En Ethiopie, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Maroc et au Botswana. Et pour notre Prix, pas beaucoup de candidatures des pays francophones. Tenir la cérémonie de remise de prix dans un pays d’Afrique de l’Ouest nous permet de nous reconnecter avec les écosystèmes francophones et de les mobiliser aussi. Et parmi les trois pays en lice, on voit bien cet esprit de créativité et d’innovation.

  • Quels acteurs avez-vous rencontrés ? Et qu’attendez-vous de ces derniers ?

Nous avons pu rencontrer l’institut qui regroupe les entreprises. Notre objectif est aussi de connecter et de créer des synergies entre le public et les entreprises. Ils étaient curieux de savoir ce que ça va apporter à la Côte d’Ivoire, comment on sélectionne, mais surtout est-ce que ce n’est pas un prix de plus. Nous leur avons répondu que ce n’est pas seulement un prix. Mais, c’est un mouvement. Pareil avec la confédération des grandes entreprises. Nous avons échangé sur l’idée de l’apport des entreprises pour promouvoir les innovations locales.

  • Six ans après son lancement, qu’est-ce que le PIA a apporté dans l’univers de l’innovation en Afrique ?

D’abord, en 2012, nous avons eu une résolution de l’Union africaine, qui demandait aux pays africains de travailler avec la Fondation pour l’innovation africaine. Aujourd’hui, on construit des centaines d’« innovation house » et c’est 1 million de dollars investis par la Fondation. Avec ça, on a travaillé avec nos partenaires et on a généré 14,5 autres millions pour aider les vainqueurs du Prix à avoir des évaluations. Aujourd’hui, ce sont 119 millions de dollars. On a créé un réseau de 6000 innovateurs de 51 pays.

  • « Innovation Africaine : Investir dans la prospérité ». C’est le thème de cette 6e édition. Lorsque que vous vous projetez dans l’avenir, pensez-vous que les innovations présentées aujourd’hui ont des chances de survivre à nos environnements parfois politiquement instables ?

Elles doivent survivre. Je pense que l’instabilité demande qu’il y ait de l’innovation. On aime le dire : « la nécessité est la mère des inventions ». Ce mouvement, ce Prix, donne une plateforme pour faire rayonner les innovateurs et les acteurs qui les accompagnent. Pour nous, plus il y a des problèmes, plus il y a des innovations. Parce que les autres ne vont pas venir proposer des solutions. Prenez le cas de Valentin Agon au Benin, que nous avons récompensé l’année dernière. Nous sommes en train de faire en sorte que son innovation (produit à base de plante naturelle contre le paludisme) serve aussi à d’autres pays. Donc, ce n’est pas seulement un prix que nous remettons, mais nous accompagnons les lauréats.

Interview menée par Israël Yoroba