PORTRAIT – Dr ALLA, l’humaniste

Docteur Alla

Docteur Alla

Jules Alla est présent sur le campus de Cocody depuis 5 ans. Inscrit en année de thèse, il est le « médecin de cité » du campus Ancien, l’un des 3 secteurs du grand Campus de Cocody.
Médecin « pour tous »

Photo Camille Millerand – Texte Donatien Kangah

Sa zone de couverture : 8 bâtiments. Environ une centaine de résidents. « J’ai voulu être médecin de la cité pour mieux aider les autres », confie-t-il. « Déjà que n’étant pas encore désigné par le CROU (Centre Régional des Œuvres Universitaires), j’étais sollicité… ». Pourquoi ne pas alors postuler ? C’est ce qu’il fait lorsqu’il est admis en 7è année, il devient éligible.

Cette volonté d’ « aider », l’a conduit, dans son job, à « côtoyer les difficiles réalités de ses camarades étudiants ». Il a pu ainsi être témoin de situations assez graves. « Certains, par faute de moyens, préfèrent, par exemple, s’acheter des comprimés de paracétamol à 100 FCFA pour soigner les accès palustres. Alors que l’aspirine ne fait que baisser la fièvre », révèle-t-il. Une situation qui est lourde de conséquences à long terme, car la maladie n’est pas traitée.

Dans son rôle de médecin, il essaie tant bien que mal de les soutenir en fournissant, quand il en dispose, des médicaments. « Nous ne pouvons faire mieux », lâche-t-il dépité. « Nous manquons de médicaments de premières nécessités. Le CROU ne nous en fournit pas», poursuit-il. En outre, pour toutes les astreintes nocturnes (de 18 h à 6 h) qu’il a en tant que médecin de cité, il ne perçoit que la modique somme de 150 000 (230 euros) en fin d’année. Cet argent, en général ne lui sert qu’à payer son matériel ; un matériel qui est d’ailleurs très couteux.

Sa thèse
La PTME, entendez la Prévention de la Transmission Mère-Enfant. « J’ai choisi de travailler sur le sujet pour sensibiliser les mères malades sur la possibilité existante d’épargner leurs enfants dé la contamination au virus du Sida », raconte-t-il. Cela est parti d’une émotion forte qu’il a ressentie devant la souffrance d’un enfant contaminée par sa mère. « Je me suis dit qu’il fallait que ça change ». Aussi, a-t-il saisi l’occasion de sa thèse de fin de d’études pour y travailler. Aujourd’hui, il se prépare à soutenir (le premier trimestre 2010), et est tout aussi heureux d’avoir pu participer à préserver des innocents de ce dangereux virus.

Son association
Cet humanisme d’origine maternelle l’a conduit à briguer la tête de son association. Il est depuis 2004 le Président de l’Association des Etudiants de Toumodi Akpassoua (Centre de la Côte d’Ivoire). « C’est toujours dans l’optique d’aider que j’ai voulu me présenter. Il y a beaucoup de jeunes, sans qualifications et sans activités, qui errent dans la région alors qu’il existe des structures qui offrent des formations et aident à monter de petits projets viables », se défend Jules. « C’est pourquoi, poursuit-il, nous organisons des rencontres avec ces organismes, des conférences pour orienter tous ces jeunes qui semblent désespérés. « C’est aussi, une manière de restaurer l’image ternie des étudiants de la région», complète-t-il.

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