Aujourd’hui, nous vous proposons de passer du temps en présence de KARABOUE, maîtrisard convertit en blanchisseur (PORTRAIT) sur le Campus. Nous profiterons de ce passage sur le Campus pour vous faire assister en exclusivité au processus de fabrication du dêguê (‘’GOMBOS’’), une boisson très appréciée à Abidjan. De là, nous reviendrons à Mermoz pou une visite du Resto (TRAIN TRAIN) et de la nouvelle infirmerie de l’ASUS (SANTE).
Il s’appelle KARABOUE. Kara, son pseudo, est le diminutif de KARABOUE. Voilà deux ans qu’il est titulaire d’une maîtrise en économie et qu’il attend de trouver un emploi. Alors, « pour subvenir aux besoins substantiels », il tient un stand de repassage sur l’un des trois secteurs du grand Campus universitaire, précisément, le « Campus 2 ».
Photo Camille Millerand – Texte Donatien Kangah
Une petite baraque qu’il a construite de ses propres mains, une table et un fer à repasser d’occasion qui lui a valu environ 15 000 FCFA (environ 24 euros). Pas de factures d’eau, ni d’électricité, ni de paiements de taxes. Son capital ne vaut pas 20 000 FCFA (environ 30 euro). « Fils d’ouvrier, donc sans grand moyen, il me fallait minimiser les dépenses. C’est notre avantage sur la cité», confie-t-il. Pour la construction de la baraque, seuls les clous ont été achetés. Les planches, il les a ramassées ça et là pour ensuite les monter lui-même.
Chaque jour, il doit se lever tôt. Entre 6h et 6h30min. « Ce sont les heures d’affluences…de 6h à 9h et le soir entre 18h et 20h », explique-t-il. Cela lui permet de disposer « de la petite monnaie ». La recette journalière tourne autour de 1 000 FCFA (Moins de 2 euros) à raison de 50 FCFA le vêtement. « Je ne peux pas faire d’économie puisque c’est avec ça que je vis au jour le jour », avoue-t-il.
Ce petit business lui a permis d’être indépendant à un certain niveau. « Aujourd’hui, je ne tends plus la main aux parents pour mes petits besoins », s’en réjouit-il.
Mais ce n’est pas suffisant. Ils sont nombreux. Ces étudiants, qui après la maîtrise, ne savent plus à qui (ou à quoi) s’en remettre. Les emplois se font rares, le troisième cycle est quant à lui coûteux et l’on prend de plus en plus de l’âge sans savoir « trop quoi faire des diplômes qu’on a brillamment décroché ».
Un vrai gentleman
Les moments oisifs, il révise néanmoins. Pour lui, la connaissance, c’est la compétence inaltérable. Il aime aussi méditer. En effet, Kara est un musulman convaincu. Profondément ancré dans l’islam, il ne manque pas d’occasion pour en parler. Tout y passe. La burqua, la station d’Arafat, la Tabaski, l’islamisme etc.
C’est par ailleurs un sportif. Les fins d’après-midi, il fait de la musculation. « C’est pour garder la forme…Je suis un mannequin ! », lâche-t-il en souriant. Sur la « fac », on l’appelait Kara Sexy. Caleçon, body, parfois le torse nu. Ce sont ses vêtements adorés.
Très taquin, il ne manque pas de compagnie. Toujours de l’affluence à son stand. Des clients, des amis qui viennent prendre du thé, du café ou simplement échanger. Le thé, selon Kara, «est rassembleur ». C’est pourquoi, il ne manque pas de s’en procurer.
Avec les filles, c’est un vrai gentleman même s’il se refuse à avoir une copine. « C’est couteux ! », révèle-t-il. Cependant, Il n’hésite pas à proposer des séances d’épilation à ses amies ; une technique qu’il a dû apprendre parce qu’étant jaloux de l’épileur de sa petite amie lorsqu’il était au lycée. Il le fait gratuitement et en général, c’est la satisfaction !








