ZAGBADI Pollack est un « vié père » (expression populaire découlant de vieux père signifiant un ainé) A 30 ans, il réside encore sur le Campus ; une situation qui ne le réjouit point.
Photo Camille Millerand – Texte Donatien Kangah
« Papa de Christo’ ». Sur son palier, c’est ainsi qu’on le désigne affectueusement en allusion à son fils. Christ, c’est le prénom de son garçon de presque 2 ans. « Il aura 2 ans en février 2010 », révèle-t-il. Avec sa compagne Patricia qui est elle-même étudiante, il partage sa petite chambre d’étudiant. « Cette situation, avoue-t-il, ne me réjouit pas. Mais il m’a fallu prendre mes responsabilités». Toutefois, il n’envisage pas s’éterniser et espère pouvoir se pendre un logement plus spacieux en 2010.
Depuis 2003, il assure la gestion de la plus vieille auto-école du Campus. Un coup de pouce de son frère aîné. « Lorsqu’en 2003, il devait quitter la cité, il me confia la gestion de cette auto-école qu’il avait monté en partenariat avec une autre en ville. Mon rôle consiste à superviser tout : les comptes, le bon déroulement des cours etc », précise t-il.
Orphelin et appartenant à une fratrie de dix enfants, il a dû, dès son arrivée sur le Campus en 2001, « apprendre à se débrouiller ». « J’ai commencé par des CD (Cours à domicile). Ensuite des cours du soir », se souvient-il. Aujourd’hui, il est titulaire d’une maîtrise en philosophie. Avec ce diplôme, Pollack dispense des cours particuliers de philosophie à l’épouse de l’Ambassadeur du Gabon en CI. Son revenu avoisine 90 000 FCFA (140 euros) en fin de mois.
Entrepreneur dans l’âme
Cet argent, il décide de l’épargner et de l’investir. Il s’achète un congélateur et se lance dans la vente de jus de fruits. « J’ai été le premier sur la cité à vendre du ‘‘Tampico’’ (jus d’orange en sachet de 50 cl)», affirme-t-il fièrement. Le « Tampico » semble tourner à merveille. Il s’attachera même les services de trois revendeurs pour l’écoulement de ses stocks. Une petite entreprise ! Puis, viens la période difficile. Les livraisons ne sont font plus à temps et le marché est de plus en plus investi par des concurrents. Ils décident donc de changer de business.
Il se tourne vers l’informatique qu’il apprend sur le tas. Les traitements de textes et les impressions sont les services qu’il propose. Avec cela, il réussit à vivre. Jusqu’à ce qu’arrive l’épisode actuel de l’auto-école. Un véritable parcours du combattant. Mais « Papa de Christo’ ». n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Il prévoit s’ouvrir sur d’autres business encore plus florissant. « Je prévois acheter des broyeuses pour moudre le manioc et les céréales», projette-t-il.
Son club et ses autres projets
Pollack, c’est aussi un Président. Il dirige la section Judo de l’AUC (Abidjan Université Club). Les soirs, entre 19h et 21h, il rejoint ses athlètes à l’entraînement. « Cette expérience à la tête de la section, soutient-il, m’a beaucoup appris. Gérer les hommes, c’est différent de gérer l’argent». Il ne lui reste plus que pratiquement 6 mois. Son mandant prend fin en juin 2010. En attendant, il « ne lâche pas » et poursuit sa marche. Il continue, par ailleurs, de postuler également aux concours de la fonction publique.








