15/11/2010 / La Redaction
les nourrices ont du mal à joindre les deux bouts

Créée en 1947 par les missionnaires  protestants, la pouponnière de Man présente aujourd’hui une image peut reluisante. Située géographiquement au nord-est de la ville plus précisément à Zlanhopleu (ndlr la cité de Dieu en langue Dan), la pouponnière héberge au moment où nous arrivons sur les lieux 55 enfants âgés de zéro à quatre ans.

la prise en charge de ces enfants n'est pas chose aisée

A notre arrivée sur les lieux, nous avons été reçu par les nourrices. Au nombre de 18, ces jeunes Dames volontaires travaillent dans le bénévolat pur sans aucune forme de rémunération. « Nous percevons par mois des primes de savon de 7500 francs CFA » indique la nourrice Yoro Agnesse. « Quand nous sommes malades nous ne bénéficions pas de prise en charge adéquate  sauf que quelque fois pour l’achat des médicaments qu’on nous prescrit sur ordonnance, la directrice nous accorde des prêts. En terme de consultation, il y a l’infirmier major de la pédiatrie qui nous accorde des consultations gratuites mais cela s’avère insuffisant » relate-elle. « C’est par amour pour les enfants orphelins que nous travaillons ici sinon que si c’est pour avoir de bonne conditions de vie personne ne va oser travailler ici. Surtout que lorsque des gens viennent ici pour apporter un soutien à la pouponnière, ils ne pensent qu’aux enfants oubliant que si les nourrices ne sont pas dans de bonnes conditions les enfants ne sauraient bénéficier de prise en charge convenable » confie une autre nourrice.

ces bébés orphelins ont besoin du soutien de tous

Depuis que les missionnaires sont rentrés du fait de la crise la directrice Droh Enéné Joli, elle-même fruit de orphelinat a toujours été confrontée à des difficultés pour joindre les deux bouts. « Nous ne bénéficions plus de subventions. C’est seulement des personnes de bonne volonté et certaines structures tel que des associations de jeunes ou de femmes qui nous font quelque dons.  A côté de cela il y a la croix rouge et l’UNICEF qui au fort moment de la crise nous apportaient une assistance mais cela est insuffisant. Les besoins des enfants sont énormes en terme de médicaments, vivres, vêtements et autres produits d’entretien » relève la directrice de la pouponnière. Et d’ajouter « le besoin le plus crucial est le lait pour la fabrication de biberon pour les bébés. Ce lait est couteux et nous saignons pour l’obtenir. Or pour une bonne nutrition des enfants il nous faut ce lait qu’on ne trouve qu’en pharmacie ».

Tous ceux qui confient les enfants dont la plus part sont des orphelins de mère et de père n’apportent pas de contributions pour leur prise en charge. Toute chose qui met en mal les responsables du centre parfois obligés de recourir à l’aide de certaines structures de la place.

Construite sur une superficie de près de 6 hectares, l’orphelinat n’a qu’un seul manœuvre pour son entretien, un seul véhicule très souvent en mauvais états pour les déplacement des responsables, le transports des enfants vers les centre de Santé en cas de maladie et le transport des vivres des enfants. Pour pouvoir subvenir au besoin pécuniaire de la structure, les responsables de la pouponnière ont mis sur pied une porcherie, mais que de difficulté pour nourrir les porcs qui aujourd’hui se retrouvent sans un abris approprié. La structure de prise en charge des orphelins du grand ouest traverse des moments très difficile  et compte sur des âmes généreuses pour lui donner une bouffée d’oxygène.

Kindo Ousseny à Man.