Pour avoir levé le ton, un jeune homme agressé par des policiers

Presqu’une semaine après, la famille N’Gotta ne s’en remet pas encore de ce qui lui est arrivée ce dimanche 25 avril 2010.

Il est 20 heures. Alors qu’il raccompagne un ami venu lui rendre visite, Eugène  N’GOTTA, résident et commerçant à la gare d’Adjamé, est interpellé par des policiers au carrefour « STIF ». Ceux-ci procèdent à un control de ses pièces d’identité. Malheureusement, il ne les a pas sur lui. Il essaie donc de leur faire comprendre qu’il habite non loin des lieux et qu’il a laissé ses papiers à la maison. Les policiers, assez compréhensifs, le laissent s’en aller.

Quelques mètres plus loin, il est de nouveau interpelé par une patrouille. Il tente, cette fois sans succès, d’expliquer sa situation. Les policiers de ce groupe semblent plus excités. Il décide donc de joindre son épouse au téléphone afin qu’elle lui rapporte sa carte d'identité sur le lieu de l’interpellation. Celle-ci, accompagnée Marcelin, le frère cadet de son époux, rejoint les lieux, les documents en main.

A leur arrivée, ils constatent une atmosphère surchauffée. Eugène se fait bousculer par quelques uns des policiers. Son cadet s'en plaint à voix haute. Il n'en faut pas plus pour que les hommes en tenus s'énervent davantage. Le jeune homme de 21 ans va essuyer des coups de crosse de leur arme. Madame N’Gotta, inquiète, s’affole et ameute le quartier par ses cris et ses pleurs. Les riverains accourent, les policiers  prennent la fuite.

Conduit la même nuit à l’Hôpital Général Houphouët-Boigny d’Abobo, le médecin les rassure sur l’état de santé du jeune Marcel. « Mais depuis mardi, ça ne va pas…son œil est enflé et a dangereusement rougi », s’inquiète ce vendredi 30 avril, Diane, son autre aînée. « Nous irons faire une radiographie», conclut-elle tristement.

Par ailleurs, la famille n’entend pas laisser passer cette bavure. Elle a porté plainte le lendemain de l’agression au district de police, puis s’est rendu au Tribunal militaire pour faire enregistrer sa requête.

Donatien Kangah

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