Le premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010 aura été certainement la période de l’année qui a enregistré le plus gros volume d’envoi et de réception de SMS. Ce système de communication est devenu l’arme des partis politiques mais également un outil pour rependre la rumeur.
La Côte d’Ivoire avec son élection présidentielle semble avoir jeté les bases d’une campagne électorale version NTIC et 2.0 à l’africaine. Réseaux sociaux, site internet, messagerie électronique étaient tout aussi utilisés par les états majors de campagne que les affiches et les tracs. Parmi toutes ses stratégies pour convaincre l’électorat, figure en pôle position les SMS qui ont été utilisés tout au long de cette élection. Les SMS ont prouvé leur efficacité si bien qu’à chaque étape leur contenu a évolué du simple slogan de campagne vers des rumeurs qui le plus souvent ont semé la peur dans le cœur des Ivoiriens.
Le contenu de la période de campagne
Au tout début de la campagne pour la présidentielle, les SMS que les Ivoiriens recevaient étaient des messages qui résumaient les programmes de gouvernement des candidats. Certains permettaient aux programmes des meetings de campagne d’atterrir dans vos téléphone quand d’autres, dignes d’une opération de lavage de cerveau, vous mettaient en garde contre les tares du camp adverse. Dans l’ambiance de la campagne, on ne se privait pas de parodier les slogans de campagne : « ADO la pollution, GBAGBO l’homme de la dérision, Notre défaite au service du pays… »
Que le contenu soit constructif ou non, les politiciens ont vu dans les sms un moyen rapide de toucher les Ivoiriens. Certains jours on pouvait recevoir facilement entre 4 ou 6 sms de partis politiques différents ou d’associations civiles. Les ONG et organisations de la société civile avaient un message bien rodé qui invitait les populations au calme et à participer à des campagnes sans violence.
Jour de vote et résultats
Le jour du vote, des SMS ont été aussi diffusés. Ceux-ci invitaient les Ivoiriens à se rendre massivement aux urnes et c’est ce qui a été fait. Passé le vote, la longue attente des résultats a suscité l’envoi d’un autre type de sms : ceux de la propagande et de la terreur !
» Blé Goudé arrêté, mobilisons-nous; ADO au 43ème BIMA, prenons la rue ou Philipe Mangou veut le pouvoir, Tous à la RTI » étaient les messages qu’on pouvait lire ici et là. Sacré rumeur à l’Ivoirienne quand tu nous tiens ! L’action de ces sms de la peur n’a pas manqué de faire effet : les Ivoiriens terrés à leur domicile ne pointaient plus le nez dehors.
L’attente des résultats fut longue mais aujourd’hui ils sont connus. On croyait alors que les SMS enragés allaient retournés dans leurs cellules mais c’est le contraire. La protestation annoncée du PDCI a fait circuler d’autres sms : « jeune que personne ne descendent dans la rue pour protester » était opposé à la rhétorique « dans la rue pour sauver la démocratie ».
Avec l’annonce du second tour, l’action des SMS n’est pas prête de s’arrêter.
Qui fait quoi?
A part les SMS en provenance des serveurs des partis politiques qui sont signés par les états majors, il est difficile de dire qui a émis en premier tel ou tel SMS. A force de les transférer d’un portable à l’autre, il serait bien difficile de les retracer.
Une chose est sûre c’est que face à la rumeur assassine colportée par les sms, l’ATCI (Agence des Télécommunications de Côte d’Ivoire) avait eu l’intention de suspendre ce service. Cette situation aurait pu être préjudiciable aux journalistes et autres personnes chargés de diffuser ou relayer des informations sur le scrutin. Le Premier Ministre avait alors demandé à l’agence de renoncer à ce projet. Les sms se feront donc encore sentir jusqu’à ce que le prochain président de la république soit connu.
Suy Kahofi










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