C’est fait ! Après plusieurs reports successifs, l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire a bien eu lieu le dimanche 31 octobre 2010. Les électeurs ivoiriens se sont massivement rendus aux urnes ce jour. Et ce, dans le calme et la discipline, une preuve de la maturité des Ivoiriens. Leur enthousiasme était visible. Chacun attendait donc cette élection. Après ce vote massif, la Commission électorale indépendante (CEI) a trois (3) jours au maximum pour proclamer les résultats provisoires.
Au lendemain de ce scrutin crucial, c’est la longue et impatiente attente qui s’ouvre aux populations. Et elles ne manquent d’ailleurs pas de relever cette situation. « C’est trop lent » mais « je suis là, j’attends », déclare Sylvie Philomène, une résidente de la Riviéra 3.
Dans cette attente, la population accepte difficilement le fait que les résultats des pays comme la Belgique, l’Allemagne, l’Afrique du Sud… situés à des milliers de kilomètres de la Côte d’Ivoire soient donnés avant ceux de l’intérieur du pays. Et le moyen utilisé pour faire parvenir ces résultats est le fax.
Ce qui n’est pas du goût de certaines personnes : « on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Pourquoi ne pas faire parvenir les procès-verbaux par DHL à la CEI ? Puisqu’on parle de transport physique de ces derniers ; il y a tant de contradictions. On se serait entendu sur le comptage électronique et tout serait terminé hier (lundi, ndlr). Pour une question de méfiance entre les hommes politiques, on doit vivre tout ce suspense», martèle Marc, un résident de Yopougon-Niangon. Quant à Yao Constant, il estime que la CEI ayant son siège à Abidjan, « pour Abidjan, ça devait être facile », parlant de la proclamation des résultats. Et pourtant, aucun résultat d’Abidjan, depuis ce temps. C’est dire que les populations sont impatientes d’avoir ces résultats. Leur attente est grande. Mais cette élection étant une « élection de sortie de crise », des compromis et des garanties pour que les résultats ne souffrent d’aucune contestation s’imposent.
Dans cette douloureuse épreuve d’attente des résultats, un calme règne dans nos cités. On évite de donner déjà un candidat vainqueur. La classe politique opte elle aussi pour la retenue. Les commerces reprennent timidement. La circulation également : seuls quelques taxis et bus permettent aux populations de se déplacer. Certaines personnes n’osent même pas sortir de chez elles. « Tout est calme, tout le monde est à la maison », tel est le témoignage de Kouakou Olivier, un résident de Cocody Angré (8è tranche).
Pour l’heure, la population marque ou renouvèle sa fidélité à la télévision ou à la radio : elle y est accrochée, pour suivre au fur et à mesure l’annonce des résultats. Vivement que tous les résultats soient proclamés dans le délai prévu, pour libérer les uns et les autres.
Evrard Aka







