Quand les FDS font et défont les bouchons

Des centaines de véhicules forment des bouchons sans fin!

Tous ceux qui ont déjà visité ou vécu à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, savent que la circulation est quasi impossible aux heures de pointe. Entre 17 h 30 mn et 20 h 30 mn les automobilistes prient pour ne pas se retrouver dans un de ces longs bouchons qui semblent stagner sur le bitume tant les voitures avancent au compte goutte.

Dans cet univers fait d’énervement, de coups de klaxon et malheureusement de propos injurieux, la présence des éléments des FDS (Forces de défense et de sécurité) commis à la circulation doit logiquement pouvoir régler le problème des embouteillages. Mais dans la réalité, la présence des FDS aux carrefours stratégiques de la cité occasionne plus de problèmes qu’elle n’en résout.

A quoi peu bien servir une barrière de ralentissement sur l’autoroute à des heures de pointe si les agents au radar ne jouent pas leur rôle ? Les nombreux chauffeurs de gbaka (minibus) et de wôrô-wôrô (taxi communal) qui se prennent pour Michel Vaillant sur les échangeurs ne sont même pas inquiétés par la présence des policiers. Moi qui croyais que ces derniers allaient écoper d’une contravention pour stationnement interdit, accès de vitesse ou encombrement de chaussée ; je suis resté muet à l’idée de savoir que le mot de passe entre FDS et chauffeurs est « j’ai déjà pissé ! ». En d’autres termes, on fait ce qu’on veut sur la route pourvu qu’on se soit acquitté d’un droit de conduite anarchique auprès de nos valeureux FDS.

Pour ce qui est de l’orientation des véhicules, les agents ne se compliquent plus la vie pour montrer qu’ils bossent dur ! On laisse mijoter les files d’autos les plus longues en faisant semblant de réguler le passage des plus petites files. Les mains déjà encombrées par l’arme de service, c’est avec une lampe torche qu’ils font des signes aux automobilistes. Ces signes pas toujours évidents à comprendre créent souvent le doute dans l’esprit des usagers de la route et la mauvaise interprétation peut conduire à une verbalisation qui à cette heure de la journée se paye cash !

Mais où sont passées les brigades mobiles chargées de désengorger les voies abidjanaises ?

Suy Kahofi

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