Quartiers précaires : le salut des plus démunis

Abidjan a deux visages. L’un se présente sous la coupe des villas, des châteaux de rêve et des immeubles qui semblent défier le ciel par leur imposante taille. L’autre se compose de quartiers précaires, d’habitations qui défient toutes les normes  requises de construction. C’est ce dernier visage que retient tout visiteur à Abidjan , tant il semble méconnu  du plus grand nombre. Gobelet, 2 plateaux  Agban, Zoé Bruno, (la liste n’est pas exhaustive) sont des quartiers dits précaires qui cohabitent  avec les quartiers plus  huppés. Ces quartiers forment ce qu’on appelle l’autre Abidjan.

Dans ces quartiers, les maisons ont une particularité : la toiture et les murs sont faits avec les mêmes matériaux. Diallo Ousmane est l’un des habitants de Gobelet, situé à Cocody.Lorsqu’Ousmane à quitté sa Guinée natale, espérant faire fortune sur les bords de la lagune Ebrié, il ne s’imaginait pas qu’il allait vivre dans un taudis. Il avoue ne pas avoir le choix « mes maigres revenus ne me permettent pas de prétendre habiter dans une ces villas dont le prix est hors de portée de ma bourse. »Sinon ajoute t’il « tout être humain aspire à vivre décemment dans une maison qui répond aux normes élémentaires de l‘architecture et surtout dans un bon quartier. »

Ainsi , à l’instar d’Ousmane, plusieurs ressortissants de la CEDEAO (Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest ) et même de pus en plus d’ivoiriens venus » se chercher » comme on le dit dans l’argot ivoirien, sont obligés de se contenter des maisons de ces quartiers précaires. Où ,comme le souligne Ousmane, aucune  règle d’hygiène n’est respectée, où l’insalubrité le dispute à la précarité et à la prosmicuité.

Faustin Zan Bi, cet authentique ivoirien selon ses propres termes, habite 2 plateaux Agban, un autre quartier précaire dans une « deux pièces » très exigüe avec sa femme et ses six enfants. Employé dans une grande surface de distribution, il se dit incapable de se prendre une bonne maison. Car « mon salaire légèrement plus élevé que le SMIG (Salaire Sinimum Interprofessionnel Garanti) ivoirien, ne peut pas m’offrir une maison descente »lâche t’il de façon laconique avec une pointe de tristesse .

Tous ces quartiers précaires symbolisent le contraste que vivent actuellement Abidjan et ses habitants. C’est à dire d’un coté, ceux qui sont bien logés et de l’autre, ceux qui trouvent leur salut par le biais de ces quartiers construits sans aucun plan directeur.

Cependant, si ces quartiers sont une solution palliative au problème de logement, ils créent d’autres problèmes comme ceux liés à l’environnement et à la sécurité.

Frédéric Gore Bi

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