Quel sort pour les quartiers précaires de Cocody ?

9 kilos un quartier précaire à la Riviera3

«C’est Abobo», déclare sans hésiter Lionel Veh, étudiant en droit. Ces maisons faites de bois et de tôles rouillées font penser à des zones de la commune la plus peuplée de Côte d’Ivoire. C’est une erreur. Ce décor digne de quartiers précaires très célèbres se trouve pourtant à Cocody, la commune présidentielle. Les quartiers précaires et autres bidonvilles ne cessent de se multiplier à travers la commune. Riviera, deux plateaux, Angré tous ces quartiers huppés y passent.

Des habitats de fortune se créent un peu partout

Les habitats de fortune aux conditions d’hygiène précaires côtoient  les villas de haut standing. Les habitants de ces maisons, le plus souvent des étrangers, n’hésitent pas à se construire une baraque là où un terrain semble inoccupé. Il arrive même qu’ils occupent impunément des villas inachevées et autres maisons inhabitées. Avec des conditions de vie sommaires leur permettant de déguerpir de toute urgence dès que surviendrait le propriétaire. Ils causent parfois une véritable gêne aux riverains. C’est l’exemple du ministre de la culture Augustin K. Comoé et de sa résidence à la Riviera Bonoumin. Selon certaines sources, c’est lui qui aurait fait clôturer les baraques qui font face à sa résidence. Pour éviter le désagrément causé à ses visiteurs par cette vue. On y prépare et consomme du tchapalo, une bière traditionnelle du nord à base de mil. Ces habitations précaires qui se multiplient ne cessent de grandir. Selon certaines sources, il y aurait environ une quinzaine de quartiers précaires dans la commune dont le plus grand serait le GOBELET.

Le cas Gobelet

Des centaines de baraques dans un très grand ravin en forme de récipient. C’est ainsi que l’on peut décrire le bidonville. Situé entre les quartiers de la Riviera Attoban et les 2-plateaux-Vallon, c’est un véritable spectacle qui s’offre à la vue. «Quand on le voit on ne peut s’empêcher de penser à un gobelet», dit Germaine Kouassi, une ménagère. Le nom de gobelet traduit bien ce qui arrive en période de pluie. Le gobelet se remplit. Les pluies diluviennes et les éboulements sont récurrents.  Malgré ces conditions de vie précaires et dangereuses les habitants tiennent toujours à leur gobelet. Cet état de fait inquiète toutefois les riverains dont certains militent en faveur du déguerpissement et de la destruction de ces quartiers.

Faut-il les détruire ?

«Il est inadmissible qu’on les laisse impunément s’installer où ils veulent et comme ils veulent. Il faut les chasser de là», s’exclame Abed Nego Kouassi, étudiant et riverain. Comme beaucoup d’autres riverains, il est pour le déguerpissement et la destruction de ces lieux. L’avis est sans équivoque. Le non respect des conditions d’hygiène est la raison principale de cet avis. «Leur mode de vie est très précaire», s’écrie une habitante de la zone.

La seconde raison  est celle du standing. «Je ne peux pas concevoir qu’on puisse laisser des gens construire des baraques dans un quartier résidentiel», déclare Elysée Konan, élève en terminale. Beaucoup abondent dans ce sens. Il n’est pas agréable de voir une villa duplex côtoyant  un taudis. De nombreuses opérations de déguerpissement de certains sites. Il n’empêche qu’il en reste encore beaucoup. Les occupants de ces lieux tiennent à leurs installations.  Malgré l’hostilité des riverains qu’ils savent impuissants contre eux.

Roland N’Dkploman

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