Pendant le mois du ramadan certaines denrées voient leurs prix grimper légèrement à cause de la forte demande. Des hausses qui apparemment sont insignifiantes mais qui, au final, représentent une vraie perte pour les familles.
Les musulmans du monde estimés à un peu plus d’un milliard d’individus observent en ce moment le mois saint du Ramadan, un mois durant lequel ils s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil. Pendant cette période une certaine attention est portée à l’alimentation des musulmans et certaines denrées deviennent alors incontournables au moment de la rupture du jeûne. La demande devenant alors supérieure à l’offre, les prix grimpent au grand dam des familles musulmanes soucieuses de terminer le mois sans trop de dépenses.
Les denrées qui ont le vent en poupe
La première des denrées les plus consommées durant le mois du Ramadan est le sucre. Si son prix subit une légère hausse de 25 à 50 f CFA selon les humeurs des commerçants, sa quantité est aussi réduite dans certaines boutiques. En effet, les ménagères, grandes observatrices de la quantité des produits qu’elles achètent chaque jour, observent une nette diminution du sucre destiné à relever le goût de la bouillie de mil ou de riz (le baca). « Les premiers jours du carême le kilo de sucre peut faire trois casseroles de bouillie pour une petite famille (4 personnes) comme la mienne mais les semaines après ce n’est plus possible ! » soutient Coulibaly Assetou, mère de famille.
Au-delà du sucre, les dattes de premier choix deviennent plus difficiles à acheter et le ‘’bon’’ thé se fait rare. A propos du thé, Camara Issouf, mécanicien nous renseigne : « le thé Saddam est le bon thé mais au moment du jeûne certains revendeurs (détaillants) le mélangent à d’autres thés moins ‘’puissants’’. Je demande donc aux gens d’acheter le carton pour ne pas se faire avoir ».
Enfin, le gnônmi, la traditionnelle galette de mil ou de sorgho utilisé pour les sacrifices et grignoté avant le repas du soir est devenu tout aussi coûteux. Si vous n’arrivez d’habitude à consommer 150 f CFA de gnônmi, sachez qu’il vous faudra débourser 300 f pour être rassasié ! Les vendeuses se plaignent de la hausse du prix de la farine sur le marché. Et le marché pour les plats de résistance dans tout ça ? « N’en parlons pas monsieur, car il était cher avant le ramadan et rien n’a changé » souligne Hadja Kouyaté à Abobo.
Stabiliser les prix
Comme le gouvernement l’a fait pour le pèlerinage à la Mecque, nombreux sont les musulmans qui estiment que les autorités ivoiriennes doivent tout faire pour stabiliser les prix des denrées alimentaires à l’occasion du mois de jeûne. Déjà que la situation économique du pays ne permet pas à l’ivoirien moyen de se nourrir convenablement, il est encore plus difficile pour le musulman de pouvoir manger correctement à l’occasion du Ramadan surtout que celui-ci doit veiller sur son alimentation. Les fidèles lancent donc un appel aux autorités Ivoiriennes pour que celles-ci puissent accentuer les contrôles qualité-prix à l’occasion du jeûne.
Suy Kahofi








