RELIGION – Les «sœurs voilées» du Campus

Ce n’est pas seulement en Occident que le port intégral du voile suscite des vagues. En Côte d’Ivoire, l’apparition, ces dernières années, de pratiquants revendiquant de plus en plus le « retour à un islam orthodoxe » connaît son lot de critiques plus ou moins virulentes.

Photo Camille Millerand – Texte Donatien Kangah

Mais pour ces hommes et ces femmes profondément encrée dans la foi musulmane, cet attachement aux « strictes prescriptions coraniques » reste une « obligation vis-à-vis d’Allah». Aussi, exercent-t-ils leur foi conformément à leur conviction, au risque souvent de se voir rejeter par la société.

Victimes du « voile »
C’est le cas de ces jeunes femmes qui ont décidé de porter le voile intégralement. Sur le campus, on les appelle les « ninjas», allusion faite à ces guerriers japonais vêtus de noirs avec une cagoule pour fermer leur visage. « Nous sommes conscientes de cette réalité », explique l’une de leur responsable au niveau de la CEEMUCI (Communauté des Elèves et Etudiants Musulmans de la Côte d’Ivoire). « Il y a même pire…mais pour nous, c’est un devoir envers Allah et son prophète», assument-t-elles. Un devoir auquel elles ne renonceraient quelqu’en soit la raison.

En dépit des frustrations qu’elles supportent, elles espèrent néanmoins pouvoir être acceptée et surtout respectée dans l’exercice de leur foi. Ainsi, depuis 1998 (année de création de la CEEMUCI), un « Secrétariat chargé des Affaires Féminines » leur a été réservé pour mieux s’organiser. Composé d’une dizaine de membres – toutes étudiantes – il s’attèle à soutenir les jeunes femmes du groupe dans leur pratique quotidienne de la religion. Il travaille, par ailleurs à la valorisation de la jeune fille musulmane, à leur sensibilisation aux défis planétaires (le Sida). Le secrétariat pose même des actions d’utilité publiques (dons de sang par exemple). Ceci pour dire qu’au-delà du voile, ce sont aussi des femmes, humaines comme tous.

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