Toute la journée de ce mercredi, les Abidjanais ont longuement échangé sur la conférence de presse du Président du groupe de la Banque Africaine de Développement. Quand bien même Donald Kaberuka s’est voulu très clair d’entrée de jeu sur la question du retour du siège de la banque en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens gardent espoir.
Ceux qui croyaient que dès la fin du sommet le siège serait de retour ont eu également leur réponse : « aucune date ne sera fixée pour le retour de la banque en Côte d’Ivoire à l’issue des assemblées annuelles qui se tiendront » souligné le président de la BAD. La bonne nouvelle c’est que le siège reviendra mais sous une condition principale : le retour à la stabilité par l’organisation d’élections libres et transparentes. En d’autres termes, la situation du pays n’est certes pas alarmante mais elle n’est pas encore jugée stable.
Dans les rues d’Abidjan les avis diverges. Salomon Ekanza est chargé de communication d’une entreprise agro-alimentaire. Pour lui, cette annonce ne devait pas surprendre les Ivoiriens.
« Je pense que les Ivoiriens devaient être habitués à cette phrase (retour au calme par les élections). Toutes les institutions auxquelles notre pays s’adresse pour quoi que ce soit nous donne la même réponse. Cela doit fouetter notre orgueil et nous pousser à aller vite aux élections pour retrouver notre place dans le concert des nations ».
L’avis de Laurent Ehui est bien différent.
« Je pense que les observateurs internationaux doivent jouer franc jeu : notre pays a connu une petite période de trouble avec quelques coups de feu mais tout ça c’est du passé. Je pense que rien ne justifiait le départ du siège de la BAD et en cette période de sortie de crise le retour de l’institution en Côte d’Ivoire sera la preuve que les amis de notre pays ont confiance en nous ».
Le son de cloche chez ‘’les victimes’’ du sommet annuel est tout autre. Certains ont été déguerpis des bidonvilles, d’autres ont vu leurs commerces démolis et certains comme ceux de la Sorbonne sont toujours sur le pied de guerre. « Nos dirigeants espéraient quoi ? Rendre encore plus malheureux des Ivoiriens pour faire les yeux doux aux dirigeants de la BAD ? Toutes ses familles sans toit, ces jeunes désœuvrés pour quel résultat : le siège vient bientôt », affirme indigné cet étudiant de la cité Mermoz.
« Dépêchez vous d’aller à la paix ». Est l’une des phrases de M. Kaberuka et celle-ci ne s’adresse pas seulement aux politiciens. Chaque Ivoirien à un rôle à jouer dans le processus de sortie de crise et c’est en conjuguant nos efforts que nous arriverons à une paix véritable qui sera synonyme du retour de la BAD et pourquoi pas de plusieurs autres Institutions.
Suy Kahofi








