Comment le collège moderne de Samatiguilla (CMS) a t-il pu bien se trouver dans un état aussi piteux ? Voilà la question qui ressort après une visite émouvante de cet établissement.
Construit pour accueillir environ plus de 2000 élèves, il n’ y a que 127 élèves qui se partagent des salles de classes délaissées et délabrées. Ces salles de classes bien aérées, avec un personnel enseignant au complet, avaient été gracieusement offertes par des cadres de la région. En ouvrant ses portes en 1987, le collège présentait la fière allure d’un établissement moderne.
Tout a été prévu pour permettre aux jeunes élèves d’avoir une bonne éducation et formation scolaire. Un internat pour filles et garçons résolvait déjà le problème du logement des collégiens affectées à Samatiguilla. Aucun n’argument ne pouvait donc tenir devant des propos de parents d’élèves tels que ceux-ci :
« nous n’avons pas pu scolariser nos enfants à Samatiguilla à cause des problèmes d’hébergement après leur affectation ».
Ce magnifique internat doté de plusieurs dortoirs avec plusieurs lits superposés facilitaient l’intégration des élèves dans le collège. Juste derrière les dortoirs, une grande salle à manger aménagée pour la prise des trois repas du jour. Appelé communément réfectoire, cet espace disposait de couverts, d’étagères, et des garde-mangers pour faciliter le partage quotidien des repas.
Postés devant de grands fours industriels équipés (une batterie de cuisine que certains grands hôtels de place ne possèdent), ces cuisiniers formés et qualifiés avaient la charge de gérer la restauration des élèves.
Au laboratoire d’expérimentions, des microscopes, des projecteurs, des tubes à essai, produits chimiques et tout le matériel rangé auprès des autres attendaient les élèves expérimentateurs.
Aujourd’hui, c’est un décor horrible que le CMS présente. Les différentes crises qui ont secoué le pays ne sont aucunement pas à l’origine de cette déchéance avancée des bâtiments.
« Le collège a été délaissé bien avant la crise », souligne l’actuelle principale l’établissement. « Depuis déjà 1990, parents d’élèves, élèves, enseignants et mêmes les autorités ont tous pour diverses raisons, préféré confier l’administration du collège aux lézards, et à quelques autres reptiles dangereux devenus les vrais propriétaires du collège ».
Vêtus de lambeaux à l’heure actuelle, le laboratoire, l’internat, et même le réfectoire ont fermé leurs portes. Les quelques élèves internés (moins de 10 pensionnaires) dorment sur des lits dépourvus de matelas. La cuisine n’étant plus opérationnelle, il faut désormais faire la cuisine sur des feux de bois.
Quelques professeurs affectés par l’Etat, secondés par des enseignants vacataires, essaient tant bien que mal de sauver les années académiques qui se succèdent en assurant la continuité des cours.
Comment en est-ton arrivé là? Difficile de répondre. Mais le constant est là. Le collège municipal de Samatiguila n’est pas loin d’être un mini-zoo.
Certains animaux trouvent le malin plaisir et l’endroit idéal pour se donner à une partie de détente sans inquiétude aucune.
« En période de saison sèche, quelques bergers de mauvaise foi pendant leur randonnée pédestre au sein du collège abreuvent leurs betes en sectionnant les tuyaux d’eau courante installés à quelque endroits strategiques de l’établissemnt », explique un enseignant.
L’administration gérée par un comité de gestion mis en place essaie avec une gymnastique intellectuelle et physique de faire survivre l’établissement.
« Que pouvons-nous faire avec un budget de gestion qui avoisine les 180 000 offert par le ministère de l’éducation nationale par an», explique le premier responsable du collège.
Le matériel de travail de l’administration a foutu le camp. Les devoirs de classes sont dormais saisis avec une machine « dactylo » très ancestrale et ensuite tirés par de vielles tireuse de stencils.
« Un ordinateur et une imprimante feraient notre affaire si une bonne volonté venait à nous l’offrir, mais pour l’instant nous contentons de ce que nous avons », espère l’économe du collège.
Et oui !on espère bien que d’autres mains, de bonnes volontés comme l’ONG Caramel et Vanille et Chocolat viendront sauver le collège moderne de Samatiguilla. Des dons de matériels on été offert à la commune de Samatiguilla. Le CMS n’est pas resté en marge. Un ordinateur pour initier les élèves à l’outil informatique a été réceptionné par l’administration du collège. Cependant il reste beaucoup à faire car une réhabilitation complète du CMS est à envisager.
Espérons que les cadres de la région (car il en existe plusieurs) jetterons un regard favorable cet établissement . L’état devra jouer aussi sa part en tenant compte des réalités du terrain que le personnel enseignant vit. Les parents devront comprendre qu’il faut laisser les enfants aller à l’école pour favoriser libre-cours à l’éducation. Les détourner pour les travaux champêtres (surtout les jeunes filles) sera synonyme d’hypothéquer leur avenir. Les élèves quant à eux doivent simplement venir à l’école car il y a encore de la place pour tous ceux qui veulent fréquenter au Collège Moderne de Samatiguilla.










