De l’émotion. Voilà ce qu’on ressent quand on le voit peindre. Car ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir un handicapé peindre. Simon est handicapé de naissance, il est dans un fauteuil roulant et peut à peine user de ses autres membres et de la parole. Mais qu’à cela ne tienne, « je préfère peindre pour gagner ma vie plus tôt que mendier », se défend-t-il.
Bel engagement quand on sait que la plupart des personnes dans son cas ne cessent de mendier. Lui, a choisit la voie du travail et plus particulièrement celle de la peinture. Pourtant, son parcours n’a pas été facile.
Orphelin, il a dû quitter sa ville natale Abengourou (dans l’est de la Côte d’Ivoire). Direction Abidjan, la capitale. En quête d’une vie meilleure et d’un potentiel emploi, il s’inscrit au centre des métiers pour handicapés de Grand Bassam. Là, il passe dix ans à se former à l’écriture et aux métiers de l’artisanat. Dix longues années à espérer en sortir avec un diplôme. Mais quelques années avant qu’il ne l’obtienne, il est congédié du centre par le directeur. Il se dirige alors vers Abidjan espérant y trouver les moyens de manifester son art.
Mais là encore, les choses sont de plus en plus que plus difficiles…sans famille, ni attache dans une métropole africaine où les tableaux se vendent peu ou pas du tout. Et c’est avec une dose d’émotion dans la voix qu’il confie cet épisode peu reluisant de sa vie.
Simon persévère cependant. Et ses efforts s’avèrent payants. En effet après avoir longtemps été déguerpi d’un endroit à l’autre, de la commune de Treichville, Simon se fait remarquer.
« Une dame à l’église m’a fait don de la somme de 50 000 francs CFA», se souvient-il.
Cette généreuse donatrice sera suivie du maire de la commune qui lui fera don de la même somme.
Avec ce capital, il s’achète le nécessaire à son art. Reste enfin le problème du local. Et là, ce sera le directeur du Palais des sports de ladite commune qui lui vient en aide. Il le laisse accéder à son édifice pour créer ses œuvres. Il peut ainsi peindre à l’abri des intempéries.
C’est donc sous le nom de « Simon Créateur » qu’il s’installe et signe ses œuvres qu’il revend à 3000 francs. Un prix dérisoire. Car malgré son handicap il s’attache à respecter l’équilibre dans la composition de ses toiles et dans le choix des couleurs. Pourtant malgré ce prix, les toiles se vendent peu.
« Il peut arriver que je ne vende rien du tout, j’ai alors de grosse difficultés pour subvenir à mes besoins même celui de simplement manger. C’est parfois très difficile».
Mais il tient bon. Son rêve à lui c’est pouvoir s’ouvrir un atelier de peinture et pouvoir mieux vendre ses toiles. Mais en attendant, « Simon Créateur » continue de créer des paysages, des scènes chaudes, ensoleillées et belles comme il espère que son avenir sera bientôt.
Roland N’Dekploman
*Publié la première fois le : 27 mars 2010 à 11 h 09 min











Je suis vraiment ému..
Je m’engage ici à aller payer un de ses tableaux la semaine prochaine. J’afficherai la photo sur mon facebook .
C’est triste de voir des hommes et des femmes pétris de talents mais qui n’arrivent même pas à gagner leur pain quotidien grâce à ce talent.
Merci Wilfried, ça fait plaisir de voir qu’on cet article aura servi.
c’set super! soyons nombreux à apporter ainsi notre pierre à l’édification de son talent chapeau wilfried!