04/09/2017 / Moahet-Sran

« Tonton, y’a herbes ! ». « Herbes plus moutons égal [à] Tabaski ! »… Telle est l’ambiance observée au quartier Port-Bouët 2, dans la commune de Yopougon (Abidjan). À la veille de la célébration de la Tabaski devant se tenir le 1er septembre 2017, il n’y a pas que les moutons qui sont vendus dans cette cité. La paille, tout comme le mouton, se vend et s’arrache comme de petit pain.Sac d'herbes proposées à la vente

Les vendeurs d’herbes sont visibles le long de la voie, qui part de la mosquée Koudouss au marché de bétail. Abdoulaye, un adolescent de 11 ans, se faufile parmi les passants et clients pour leur proposer ses gousses de paille. « Il faut donner à manger aux moutons avant de les tuer ». « Il faut que le mouton soit rassasié avant de le tuer, sinon c’est un péché ». Des paroles d’Abdoulaye qui ne manquent pas de faire rire commerçants et clients.

Vente d’herbes, un commerce juteux

« Ça marche très bien, confie Abdoulaye. Depuis le matin jusqu’à maintenant, j’ai vendu [pour] 13 500 Fcfa. » Le prix de la paille est fonction de la quantité demandée ou du nombre de moutons achetés.  « Je fais le tas à 500 Fcfa. Mais si tu achètes beaucoup, je peux diminuer pour laisser à 400 Fcfa ».

Pour ce gamin, toutes les occasions sont bonnes pour se faire des sous, malgré les difficultés à se procurer la paille. « Je vais très tôt le matin avec mes amis couper les herbes, soit sur la route du Banco soit à Andokoi. Parfois, nous rencontrons des serpents. Et quand ça marche bien, on fait deux tours dans la brousse pour chercher des herbes. »

Monsieur DIARRASSOUBA, venu s’acheter un mouton pour la fête, juge intéressante l’initiative d’Abdoulaye. En effet, nul besoin de se tracasser désormais pour trouver de quoi nourrir le bétail après l’achat.

Jonas Ehouman